ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
A. l’OUSSON A I E. DESNOS
î. Desnos, J. PeUegrin, A. Ptm, H. Rieffel
OCTAVE DOIN ET FILS, ÉDITEURS
2ûtiS7
OCTAVE DOIN et FILS, ÉDITEURS
8, Place de l’Odéon, Paris 6e
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE 25637
D’UROLOGIE
ACHARD, Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à la Faculté
de Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
ALGLAVE (Paul), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬
gien des Hôpitaux de Paris.
AMBARD, ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
ANDRÉ (Paul), Professeur à la Faculté de Médecine de Nancy.
ARCELIN, Chef du Service de Radiologie à l’Hôpital Saint-Joseph de
Lyon.
ARNOZAN, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
AUBARET, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
BAZY (Pierre), ^ Membre de l'Académie de Médecine, Chirurgien des
BERNARD (Léon), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Médecin
des Hôpitaux de Paris.
BQECKEL (André), Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Nancy.
BRËCHOT, Prosecteur à la Faculté de Médecine de Paris.
BRIN (Henri), Professeur à l’École de Médecine d’Angers.
CARLES, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
CARLIER (Victor), Professeur à la Faculté de Médecine de Lille, Chirur-
CASTAÏGNE (J.), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Médecin
des Hôpitaux de Paris.
OCTAVE
, S, ÉDITEURS, 6,
L’QDÉON,
CHEVASSU (Maurice), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chi¬
rurgien des Hôpitaux de Paris.
COURTADE (Denis), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
DELBET (Paul), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital Necker.
DESCOMPS (Pierre), Professeur agrégé des Facultés de Médecine,
Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
DESNOS (Ernest), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Secrétaire géné¬
ral de l’Association Internationale d’ürologie.
DRUELLE, Chef de Clinique à l’Hôpital Saint-Louis.
ERTZBISCHOFF (Paul), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital
Necker.
ESCAT (Jean), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Chargé de cours à
l’École de Médecine de Marseille.
ESTOR (Eugène), Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
FERRON (Michel), Aide de Clinique à la Faculté de Médecine de Bor-
FORGUE (Émile), Correspondant de l’Académie de Médecine, Professeur
à la Faculté de Médecine de Montpellier.
GAUCHER (Ernest), Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à la
Faculté dé Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
GAUTHIER (Charles), ancien Chef de Clinique chirurgicale à la Faculté
de Médecine de Lyon.
GÈNOUVILLE (Louis), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital
Necker.
GUYON (Félix), Membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine, Pro¬
fesseur honoraire à la Faculté de Médecine, Chirurgien honoraire des
Hôpitaux de Paris.
HARTMANN (Henri), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien
des Hôpitaux de Paris.
HEITZ-BOYER (Maurice), Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
HOGGE, Professeur à l’Université de Liège.
IMBERT (Léon), Professeur à l’École de Médecine de Marseille.
JANET (Jules), ancien Interne des Hôpitaux dè Paris.
JEANBRAU (Émile), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de
Montpellier.
LABAT, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
LE DANTEC, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
LEGUEU (Félix), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien des
Hôpitaux de Paris.
MALHERBE (Albert), Correspondant de l’Académie de Médecine, Direc¬
teur de l’École de Médecine de Nantes.
OCTAVE
N ET FILS, ÉDITEURS, 8,
MARION (Georges), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬
gien des Hôpitaux de Paris.
MICHON (Édouard), Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
MINET (Henri), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
NICAISÈ (Victor), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
NOGUÈS (Paul), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
NOVÉ-JOSSERAND (Gabriel), Professeur agrégé à la Faculté de Méde¬
cine, Chirurgien des Hô p i taux de-Lyon.
ORAISON (Jean), ancien Chef de Clinique chirurgicale à la Faculté de
Médecine de Bordeaux.
PAISSEAU, Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Paris.
PAPIN (Édouard), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Chef de Cli¬
nique chirurgicale à l’Hôpital Necker,
PASQUEREA U (Xavier), Chirurgien suppléant des Hôpitaux de Nantes.
PASTEAU (Octave), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital
Necker.
PAUGHET (Victor), Professeur à l’École de Médecine, Chirurgien des
Hôpitaux d’Amiens.
PELLEGRIN (Jacques), Assistant au Muséum national d’Histoire naturelle.
POUSSON (Alfred), Correspondant de l’Académie de Médecine, Professeur
à la Faculté de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Bordeaux.
RAFIN (Maurice), Chirurgien de l’Hôpital Saint-Joseph de Lyon.
RIEFFEL (Henri), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬
gien des Hôpitaux de Paris.
ROCHET (Victor), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien en
chef de l’Antiquaille, à Lyon.
ROUVILLOIS (Henri), Agrégé du Val-de-Grâce, Médecin major de
I* classe de l’armée.
SABRAZÈS, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
SÉE (Marcel), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
TEISSIER (Joseph), Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, Méde¬
cin des Hôpitaux, Correspondant national de l’Académie de Médecine.
TUFFIER (Théodore), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine,
Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
VERHOOGEN (Jean), Agrégé de l’Université, Chirurgien des Hôpitaux
de Bruxelles.
VIALLETON, Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
VVIDAL (Fernand), Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à
OCTAVE DOIN
ET FILS. ÉDITEURS, 8, PLACE DE L’ODÉON, PARIS 6?
CONDITIONS DE PUBLICATION
L’ouvrage sera publié eu 6 volumes grand in-8° jésus de 900 à
1100 pages chacun, avec un grand nombre de figures originales tirées
en noir et en couleurs dans le texte et environ 40 planches chromo-typo¬
graphiques tirées hors texte.
DIVISION DE L’OUVRAGE
Tome Premier. — Histoire de l’Urologie. — Embryologie, Anatomie et Physio¬
logie de l’appareil urinaire. — Généralités.
Tome Deuxième. — Maladies des reins.
•Tome Troisième. — Maladies des reins (fin). — Maladies des Uretères. — Mala¬
dies des capsules surrénales.
Tome Quatrième. - Maladies de la vessie.
Tome Cinquième. — Maladies de l’urètre.
Tome Sixième. — Maladies de la prostate. — Grands syndromes urinaires.
PRIX DE SOUSCRIPTION A L’OUVRAGE COMPLET
Volumes brochés . . 150 fr.
Volumes reliés . 170 fr.
A partir de l’apparition du 4e volume le prix de la souscription à
l’ouvrage complet sera porté à :
Volumes brochés . 180 fr.
Volumes reliés . 200 fr.
L’ouvrage sera complètement paru dans le
courant
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
TOME PREMIER
: r:fi :'r .
A Monsieur le Professeur Félix GUYON
Cher Maître,
Nous vous prions d’agréer la dédicace de cet ouvrage comme un juste
hommage ti votre immense labeur, créateur de T Urologie, et un respec¬
tueuse témoignage de gratitude des nombreuses générations formées à
Puissiez-vous reconnaître dans les chapitres de cette Encyclopédie,
dont la plupart ont été rédigés par vos élèves, vos principes et votre
méthode.
C’est dans cet espoir qu'au nom des collaborateurs de cette Œuvre
ses directeurs vous offrent l'assurance de leur admiration pour votre vie
scientifique si noblement remplie, et de leur reconnaissance pour les
exemples de haute moralité professionnelle que vous leur avez donnés.
A. Poüssôn. E. Desnos.
AVANT-PROPOS
L’adaptation judicieuse des principes généraux de la physiologie
normale et pathologique et des règles de la nosologie a vivifié de
nos jours l’étude des affections de l’appareil urinaire, et l’emploi
rationnel de procédés techniques, permettant de dépister les symp¬
tômes propres à conduire à leur diagnostic et de déterminer les condi¬
tions qui mettent en garde contre' les risques opératoires, a singu¬
lièrement favorisé l’essor de leur thérapeutique. Grâce aces progrès
l’Urologie a pris définitivement rang au nombre des spécialités. .
Mais en acquérant ainsi son individualité cette branche de notre
art ne saurait s’affranchir des liens qui .Punissent au tronc des
sciences médicales. Les directeurs de cette Encyclopédie , en réu¬
nissant dans un même ouvrage l’ensemble de nos connaissances
actuelles sur la pathologie urinaire, ont eu pour but de resserrer ces
liens. Aussi ont-ils fait appel pour sa rédaction à tous ceux qui,
dans les diverses branches de la biologie, ont dirigé leurs recherches
vers la solution dés problèmes complexes que soulève la pathologie
urinaire.
A mesure que se poursuit l’étude des maladies des grands appa¬
reils différenciés, leur solidarité avec l’ensemble de l’organisme
s’affirme davantage : si l’on veut assurer ses progrès, il est néces¬
saire d’ouvrir des brèches dans la frontière qui s’élevait naguère
entre la médecine et la chirurgie. Dans aucune autre spécialité plus
qu’en urologie, les échanges réciproques, qui en résultent, ne parais¬
sent devoir porter plus de fruits.
Depuis quelques années s’est ouverte pour les affections des voies
urinaires, comme elle l’avait été précédemment pour les affections
AVANT-PROPOS
des voies biliaires, du tube digestif et de plusieurs autres appareils
organiques, l’ère des questions médico-chirurgicales. Afin de ne pas
compromettre son développement, il convient que médecins et chi¬
rurgiens unissent leurs efforts pour discerner le moment où, la thé¬
rapeutique médicale ayant épuisé son action, le salut ne repose plus
que sur l’opération.
L’utilité de leur collaboration ne se fait pas seulement sentir
dans cette question nouvelle des indications et des contre-indications
opératoires dans un certain nombre d’affections rénales jusqu’ici
exclusivement tributaires de la médecine interne, elle s’étend à toute
la pathologie des voies urinaires. L’état anatomique et fonctionnel
des reins domine en effet le pronostic des maladies des divers
segments de l’appareil urinaire et tient sous sa dépendance le
résultat de toutes les interventions dirigées contre elles. Immenses
sont donc les services que rendent aux chirurgiens les méthodes ima¬
ginées par les médecins pour mesurer le pouvoir dépurateur des reins.
Les renseignements qu’elles fournissent n’ont pas seulement concouru
à réduire au minimum les dangers des interventions sur les organes
sécréteurs des urines ; ils ont encore étendu leur garantie à toutes
celles que l’on pratique sur les organes excréteurs. C’est ainsi que
grâce à elles l’extirpation des néoplasmes de la vessie, la taille et la
lithotritie, la prostatectomie, pour ne parler que des opérations les
plus importantes, ont vu leur mortalité s’abaisser dans des propor¬
tions considérables.
Bien d’autres questions que celles que nous venons de signaler
réclament la mise en commun de nos efforts : telles sont les affections
tuberculeuses, cancéreuses et syphilitiques des reins, la prophylaxie
et le traitement médical des lithiases, les infections urinaires et leur
sérothérapie, le rôle en pathologie de la sécrétion interne des reins.
La nécessité de l’alliance de la médecine et de la chirurgie, qui se
manifeste dans la pratique des maladies des voies urinaires, apparaît
encore plus impérieuse en ce qui concerne les progrès scientifiques de
l’urologie. Pour assurer leur essor il est indispensable que tous ceux
qui s’adonnent aux études biologiques y apportent une large con¬
tribution.
M. le professeur Gcyon a bien voulu écrire pour l’oeuvre que nous
présentons au publie la belle préface, dont nous recommandons la
lecture à la méditation de tous ceux qui veulent se vouer à la pra¬
tique des spécialités. Nous lui adressons nos remerciements les plus
respectueux pour cette marque de haute estime.
Nous inspirant de sa conception des spécialisations, nous nous
sommes adressés pour remplir notre programme à ceux qui ont com¬
pris l’utilité « de longues préparations pour arriver à la formation
intellectuelle et morale nécessaire » avant de s’occuper de la pratique
de l’urologie. Les concours des compétences les plus qualifiées ne
nous ont pas fait défaut. Le plus grand nombre de ceux qui ont bien
voulu s’associer à notre œuvre appartiennent à l’école de Necker
où, pendant près de quarante ans, se sont formés tant de générations
sous la haute direction du professeur Güyon. L’empreinte de son
impeccable méthode d’observation et de son admirable esprit cli¬
nique se retrouvera dans tous les articles de nos autres collabora¬
teurs, car ainsi que l’a proclamé si justement le professeur Israël
dans son beau discours prononcé à l’inauguration du premier con¬
grès d’urologie, « qu’ils en aient conscience ou non, tous les urolo-
gistes du monde entier sont ses élèves ».
Nous remercions tous ceux auxquels nous nous sommes adressés
de l’empressement avec lequel ils ont mis à la réalisation de l’œuvre
collective leur savoir et leurs loisirs de maîtres et. de praticiens
occupés. Grèce à leur dévouement, cette Encyclopédie sera digne du
pays des protagonistes les plus éminents de l’Urologie.
La partie matérielle ne nous a pas moins préoccupés que la rédac¬
tion scientifique. Pour assurer à cet ouvrage, qui comprend les arti¬
cles les plus divers, une homogénéité que l’on regrette de ne pas
toujours trouver dans les publications de ce genre, nous avons
demandé à leurs auteurs de se conformer dans leur exposition
à un plan commun, de manière à en rendre plus agréable la lecture
courante, et plus facile la recherché des renseignements qu’on désire
y puiser. Nous avons attiré d’une façon spéciale leur attention sur
la bibliographie, les priant de la donner rigoureusement exacte et
complète, mais d’en éliminer les travaux de compilation dé¬
nués d’originalité, qui encombrent sans profit la littérature. Nous
leur savons gré de la bonne grâce avec laquelle ils se sont pliés à
cette discipline dans l’intérêt général.
tl avant-propos
En conformité des tendances actuelles si fécondes, qui poussent
tous ceux qui écrivent à objectiver leurs pensées, nous avons donné
une tr'es grande place aux planches et aux figures. Presque toutes
sont originales et inédites, et le souci de concilier l’exactitude la plus
scrupuleuse avec le caractère artistique a présidé à leur exécution .
En ce qui concerne ce point particulier, comme pour tout ce qui
ressortit à la typographie et à tout cet ensemble de détails qui cons¬
titue l’art du livre, nous avons trouvé chez nos éditeurs, MM. 0. Dois
‘ et Fils, une largeur de vue et un désintéressement dont nous leur
sommes reconnaissants.
leur nombre par le mouvement des idées, exigent une collabora-
Rassembler et présenter méthodiquement les connaissances
acquises èur chaque question, est â l’heure actuelle, une des condi¬
tions essentielles du progrès; Cette étude d’ensemble était très dési1
une fois de plus nous mettre à même de tirer profit de leur savoir-,
de leur grande expérience et de la sagesse de leurs vues.
Les collaborations médicales, chirurgicales et scientifiques qu’ils
assurer à l’Urologie le rang qu’elle doit, pour l’intérêt de tous, occu¬
per dans la pratique et dans la science.
Grâce à l'entente établie entre les directeurs, les collaborateurs
et l’éditeur de l 'Encyclopédie française Æ Urologie, les lecteurs de ce
grand ouvrage constateront dans chacun de ses six volumes, les
caractères d’une œuvre bien conçue et soigneusement exécutée.
Aussi bien au point de vue scientifique et pratique que dans la partie
artistique et pour la typographie, tout a été prévu et rien n’a été
négligé, afin que l 'Encyclopédie française <1 Urologie soit digne de
notre pays et conforme à son esprit.
Le corps médical sera reconnaissant aux directeurs et aux auteurs
d’avoir apporté tant de soins à l’étude d’une spécialité. Us recon¬
naissent en l’envisageant comme ils l’ont fait que : quel que soit
l’objet de sa pratique personnelle, chacun de nous a l’obligation de
trouver en lui-même et dans son savoir, ce qui permet de préserver
des maladies et de guérir les malades.
C’est la haute et difficile mission que nous imposent les progrès
modernes. Nous manquerions à notre devoir professionnel en ne
nous préparant pas à la pouvoir remplir : en toutes circonstances,
dans toute situation, et pour chacune des parties de la pratique à
laqueUe nous nous destinons.
Nous devons aussi nous attacher à utiliser avec beaucoup de
méthode, les moyens que les découvertes de la science et les con¬
quêtes de l’industrie mettent à notre disposition. Sous leur influence,
l’action médico-chirurgicale se précise, s’élève et s’étend. Aussi bien
dans l’investigation que pour le traitement, leurs précieux secours
sont les garants des plus heureux résultats.
L’investigation médico-chirurgicale est, on le sait, la plus compli¬
quée de toutes. Claude Bernard le déclarait déjà en 1865 ‘. « Elle
comprend, en effet, disait-il, tous les procédés qui sont propres aux
recherches anatomiques, physiologiques et thérapeutiques, et, de
plus, en se développant, elle emprunte à la physique et à la chimie
une foule de moyens de recherches qui deviennent pour elle de
précieux auxiliaires. «Ainsique dans l’investigation scientifique, où,
<c chaque fois qu’un moyen nouveau et sûr d’analyse expérimentale
PRÉFACE
s’élèvera la connaissance de la pathogénie. Il est de plus en plus
permis de s’étudier à atteindre la précision scientifique. Nous avons
actuellement sous les yeux les résultats obtenus ; ils permettent de
juger ce qui a été fait et dé se rendre compte de ce que nous avons le
devoir de faire.
De nombreuses modifications dans le tràvaîr médico-chirurgical
sont devenues nécessaires. L’on a bientôt admis que la localisation
des efforts, aussi bien dans la recherche scientifique que dans l’action
pratique, était, dans certaines limites, devenue indispensable. Le
besoin s’en était à diverses reprises manifesté : dans le -passé; il
importait qu’il fut désormais franchement accepté pour1 quelques
parties de la médecine et de là chirurgie.
La renaissance dès spécialités médico- chirurgicales s’èst effec¬
tuée. Chacun sait aujourd’hui les grands résultats obtenus âùssi'hiën
dans l’investigation que pour le traitement des malades et- ^instruc¬
tion des élèves'. Leur nécessité est pleinement affirmée; il n’en pouvait
être autrement.
La division du travail est devenue une des conditions^dn progrès.
Elle en permet l’extension, elle en favorise’ la 'continuité, mais ne
saurait, par contre, suffire pour en assurer la stabilité. En' ce qui
nous concerne, nous ne pouvons la réaliser qu’en nous laissant, èn
toute occasion, toujours guider par la clinique.’ Nous devons cons¬
tamment obéir à sa direction pour la mise en usage des; multiples
ressources dont nous disposons. Elle établit les conditions -qu’ exige
leur succès dans là pratique dont elle est la gardienne. Son contrôle
sans cesse renouvelé est notre garantie.
Élevés à son école, nous apprenons à connaître -le terrain sur
lequel nous sommes appelés à agir. Nous constatons la complexité
si grande des états morbides ; nous voyons l’influence qu’ils exercent
sur les déterminations qu’il convient de prendre et sur les moda¬
lités de leur application. L’instruction et l’éducation que nous en
recevons nous font comprendre : que la science des indications
gouverne la pratique médico-chirurgicale. Elle la régit, en effet, dans
chacun de ses actes.
Connaître les moyens et apprendre à nous en servir très habile¬
ment n’est pas et ne peut être le principal, à plus forte raison, le
seul objectif de notre éducation professionnelle. II. faut savoir déter-
PRÉFACE
miner, avec toute l'exactitude possible : les conditions dans lesquelles
il est opportun d’y avoir recours.
Le choix judicieux des moyens s’impose dans l’exercice de la
médecine et de la chirurgie générales; il devient plus absolu pour les
spécialités. On sait quels sont dans la plupart d’entre elles, le nom¬
bre et l’importance des moyens sans cesse utilisés, pour l’investigation
et dans le traitement. C’est une de leurs raisons d’être. 11 faut donc
que l’enseignement technique y soit très soigneusement développé.
Toutefois la solution des problèmes, soulevés par la maladie, ne
dépend pas uniquement d’un bon instrument, de l’habileté de la
main qui le conduit, du choix heureux d’un réactif approprié. La
perfection prédite, à juste raison par Babinet, aux spécialistes né
peut, pour les spécialistes de notre profession, être seulement la per¬
fection technique. En toute circonstance et quel que soit son degré,
elle serait insuffisante.
La délimitation des terrains morbides n’est jamais absolue. Entre
les lésions d’un organe et l’état de l’organisme, il y a souvent une
solidarité étroite et les parties composantes d’un même appareil ne
sont pas, dans nombre de cas, isolément atteintes. Le spécialiste ne
doit pas seulement devenir capable d’exécuter avec habileté les ma¬
nœuvres nécessaires à l’établissement du diagnostic et à la mise en
œuvre du traitement de l’organe malade. Il lui appartient de déter¬
miner les indications.
Aussi bien au point de vue professionnel qu’au point de vue scien¬
tifique, tout travail médico-chirurgical, quelles qu’en soient les limi¬
tes, la nature et l’objet, doit être de <t l’action clinique ». ::
Cette condition ne serait pas remplie si Ton n’acceptait l’absolue
nécessité de Texamen de l’ensemble des renseignements fournis par
le malade et la maladie, de chacun des indices dénonciateurs des états
morbides, pour être guidé dans le choix et l’emploi des moyens grâce
auxquels l’investigation et l’action médico-chirurgicales ont pris une
place si grande et sont si manifestement utiles. Tout démontre qu’on
ne saurait trop prendre l’habitude de s'inquiéter du choix des moyens
et de l’opportunité de leur emploi. La réflexion y invite, mais les
fautes parlent un langage impératif.
Il y aurait péril pour l'avenir des spécialités, si les spécialistes ne
reconnaissaient (on Ta très judicieusement dit) « que la technique
PRÉFACE
infiniment précieuse, quant aux faits, peut avoir, quant aux idées,
une dangereuse influence. »
Notre manière d’agir résulte de la situation qui nous est faite par
le malade et par la maladie. Une bonne technique nous empêche
d’être inhabiles, la clinique nous permet de ne pas être « mal avisés ».
Quand on tient compte de ses enseignements, on se garde de ne pas
mettre l’étude du malade en sa place. Elle a toujours le premier
rang.
On décide alors, en connaissance de cause, ce qu’il est opportun
de faire, l’on agit quand il faut et comme il faut. Grâce à l’étude
méthodique du malade et du terrain dont la maladie a pris posses¬
sion, nous nous engageons dans le chemin qu’il convient de suivre
avec toute chance de le parcourir en sécurité. Nous déduisons, en
effet, de nos observations, les hypothèses que nous avons à vérifier.
Une méthode directrice déterminant les conditions dans lesquelles
les faits doivent être observés et interprétés pour réunir les qualités
qui permettent de se faire un avis, avant de conclure, est indispensable.
Elle nous met à même de recevoir des faits les leçons qui conduisent
à l’expérience. On conçoit qu’elle puisse y faire arriver de bonne
Que les recherches à poursuivre après ces préliminaires devien¬
nent scientifiques, c’est-à-dire expérimentales, ou restent purement
cliniques, nous sommes en possession du point de départ et des indi¬
cations nécessaires. Ces conditions primordiales ne pourraient être
remplies, si l’enseignement et la pratique des spécialités, limités à
un seul savoir, étaient détachés de l’ensemble.
Ceux d’entre nous qui veulent se consacrer à l’étude et à la pra¬
tique d’une seule partie de la pathologie ne peuvent « servir la cause
des malades », s’ils ne sont pénétrés des idées et formés par la dis¬
cipline, qui ont fait entrer la médecine et la chirurgie générales dans
la voie du progrès.
L’introduction de la méthode expérimentale, dans les sciences
médicales, n’a pas ébranlé la clinique. Elle lui apporte les secours
les plus efficaces et lui fournit le point d’appui le plus sùr en nous
faisant prendre l’habitude de toujours rechercher et déterminer : le
rapport rationnel qui existe nécessairement entre le phénomène
observé et sa cause.
PRÉFACE
Il n’y a pas lutte entre la discipline expérimentale et la clinique ;
il y a nécessité d’un accord. Les principes de la méthode expérimen¬
tale fournissent ses éléments indispensables ; mais il est nécessaire,
dans leur application à la pratique médico-chirurgicale, de se plier
aux circonstances. Cet art si délicat appartient à la clinique.
C’est dans cet accord que tous ceux qui se rouent à la pratique
trouvent les conditions qui permettent de travailler patiemment et
méthodiquement le champ qui nous est ouvert, afin de consolider
peu à peu et d’étendre graduellement ce qui a été acquis par l’étude
minutieuse et prolongée des phénomènes de la vie morbide.
Pénétrés de l’absolue nécessité d’une étroite et constante colla¬
boration de la science et de la clinique, ils contribueront à régula¬
riser et à coordonner les efforts qui assurent aux malades lés bien¬
faisantes réalisations qu’il nous est actuellement permis de poursuivre
dans toutes les parties de la pratique médico-chirurgicale. Le spé¬
cialiste qui procède ainsi prend place parmi les plus utiles artisans
du progrès.
La spécialisation médico-chirurgicale partagé toutes les respon¬
sabilités de la profession médicale. On ne peut s’y préparer, on ne
peut s’y consacrer sans satisfaire aux mêmes exigences.
Le but n’est pas différent.
Les spécialistes, eux aussi, doivent, avant tout, être des clini-
Aucun d’eux ne saurait oublier que le clinicien est un homme
dont le savoir est assez étendu et l’expérience assez longue pour
avoir appris c à lire le malade, à reconnaître la maladie, à suivre
son évolution, à la comprendre, à la traiter » et, le cas échéant,
l’enseigner à ceux qu’il peut être appelé à instruire en les mettant en
contact avec les malades.
Nous avons besoin, avant de commencer nos études profession¬
nelles et alors que nous les poursuivons, de longues préparations pour
arriver à la formation intellectuelle et morale nécessaire. Ses agents
essentiels sont une instruction étendue et une forte éducation. Il faut
du temps pour les acquérir et se trouver à même de recevoir les
enseignements de l’investigation clinique.
Il ne suffit pas, pour arriver à la pratique, de connaître chacune
des parties de nos programmes d’étude. -Il faut acquérir la calme
PRÉFACE
possession de soi-même qui permet de toujours se surveiller, afin d’être
constamment attentif. C’est l’indispensable garantie de tous nos
actes professionnels.
Quel que soit notre rôle dans l’exercice de la profession médico-
chirurgicale, nous ne pouvons le bien tenir qu’en nous soumettant
pleinement aux conditions qui la régissent. Elles sont communes à
toutes les professions studieuses.
Nos spécialités ne peuvent être considérées comme des profes¬
sions manuelles qui exigent un apprentissage plutôt que des études
proprement dites. Elles aussi sont des professions studieuses. S’il en
était autrement, ce n’est pas seulement leur avenir qui pourrait,
comme il le fut naguère, être en jeu. Ce serait l’avenir de la profes¬
sion médico-chirurgicale sur lequel la spécialisation prend une très
grande influence.
Il faut que les acquisitions qu’elles permettent de faire soient dues
à l’accord et à l’étroite collaboration « de l’esprit scientifique et de
l’esprit clinique ». La logique peut les opposer l’un à l’autre; ils ne
sauraient se séparer dans la pratique qui trouvera dans leur concor¬
dance son meilleur point d’appui.
La parenté régulière qui rattache à ces deux esprits tout ce qui
ressortit à la pratique et à l’enseignement médico-chirurgical doit
être légitimement établie par ses origines. Plus que jamais nous
sommes intéressés à ne pas laisser relâcher les liens de leur œuvre
collective.
U importe surtout de né pas s’y exposer « en assignant prématu¬
rément un but restreint aux études médicales ». Si l’on veut trop tôt
les limiter, l’élève pourrait être amené à négliger les parties de l’en¬
seignement médico-chirurgical qu’il jugerait inutiles. Il s’exposerait,
dès les premiers pas, à l’amoindrissement de son savoir, à perdre
l’habitude de l’effort; il préparerait ainsi la diminution de sa qua¬
lité professionnelle. Le danger des tendances qui mettraient en cause
dans l’éducation médicale : la nécessité d’un savoir étendu et le
besoin de s’utiliser tout entier, doit être; nettement dénoncé. 11 ne
peut être méconnu.
Dans notre carrière, un enseignement purement utilitaire ne
saurait convenir. Rien, du reste, ne nous impose immédiatement
l’acquisition d’une technique spéciale. Mais nous ne pouvons songer
PBÉFiCE
trop tôt, ét continuer trop longtemps, à fortifier êt à élargir l’esprit.
Il nous est permis de penser et de dire que cette nécessité, de
tout temps reconnue dans la profession médicale, s’impose actuelle¬
ment avec d’autant plus:de forceque nos progrès journaliers nous
mettent en présence de questions non seulement plus nombreuses,
plusdifficiles, plus importantes, mais surtout plus délicates. Auxleviei-s
dont nous disposons, il convient de chercher des points d’appui sûrs.
Un esprit lentement et sérieusement enrichi nous sera toujours
indispensable. C’est une de nos prérogatives. L’utilisation immédiate
du savoir ne permettrait pas de la conserver. La maturité est, en effet,
la condition de son emploi réfléchi et bien ordonné. Attendre trop
longtemps, peut ne pas être sans inconvénients. Toutefois, il a été de
tout temps constaté que l’enseignement et la pratique des spécialités
peuvent bénéficier de la maturité de ceux qui s’y consacrent.
Ce n’est pas indifférent d’en faire la remarque, alors que s’affirme
avec tant de vivacité une tendance fort accusée pour les spécialisa¬
tions hâtives. Assurément il est nécessaire d’être un parfait techni¬
cien, mais personne n’ignore qu’on peut le devenir sans le concours du
nombre des années. Dans notre profession, il est indispensable d’être
un véritable clinicien. Ce genre de valeur se fait beaucoup plus attendre.
Alors qu’il s’agit de la santé de l’homme, le principe de la divi¬
sion du travail ne peut être appliqué dans chacune des conditions
qui permettent de l’adapter, si heureusement, à l’industrie. On sait,
par exemple, qu’il donne entre autres avantages aux professions
ouvrières la possibilité d’arriver au meillepr résultat avec le moindre
effort. Cela est tout à fait légitime quand tout peut être mécanique¬
ment réglé et accompli, mais n’est pas de mise alors que l’on assume
les responsabilités de la profession médicale.
Les lignes que je viens d’écrire reproduisent des pensées que j’âi
bien souvent exprimées. A toutes les périodes de ma carrière il m’a
paru que les difficultés, les hasards et les surprises de la pratique
médico-chirurgicale, la nécessité de saisir l’occasion favorable, exi¬
geaient un savoir étendu et l’habitude d’actes réfléchis -toujours mé¬
thodiques et ordonnés. Ma croyance dans l’efficacité de pareilles
garanties contre semblables réalités s’est encore affermie lorsque les
circonstances m’ont conduit à la spécialisation. Je me suis efforcé
de la faire partager. Cela explique mes répétitions persistantes et
PRÉFACE
m’excusera de redire, une dernière fois, ce que j’ai si longtemps
enseigné et si souvent vérifié dans la pratique.
La pratique médico-chirurgicale a le droit de s’enorgueillir de
tant de grands progrès accomplis et de beaucoup compter sur ceux
qui se préparent ; elle ne peut pas laisser s’amoindrir l’autorité de la
clinique. Ce n’est point à elle seule que nous devons confier notre
avenir, mais il lui appartient de continuer à maintenir dans une
indissoluble union tout ce qui a fait la force de l’action médico-chi¬
rurgicale française et assuré sa bienfaisante influence. L’étude jour¬
nalière des faits amène à conclure que son appui nous reste indis¬
pensable pour bien penser, pour agir régulièrement et1 pour que la
division du travail médico-chirurgical n’aboutisse pas seulement à
de bonnes formations techniques. Faites sous la direction de la clini¬
que, les préparations spéciales ne s’isoleront pas de la préparation
générale ; elle empêche de s’en libérer.
F. Güyon.
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
PREMIÈRE PARTIE
HISTOIRE DE L’UROLOGIE
M. E. DESNOS
AVANT-PROPOS
Dès la plus haute antiquité, les affections de l’appareil urinaire ont
attiré et retenu l’attention de ceux qui, à des titres divers, avaient pour
mission de soulager et de guérir. Mais e’est à une époque récente que les
notions progressivement acquises sur ce point ont servi de base à une
les urologistes de tous les temps, en retra
leur fie, leur caractère, la physionomie^ <
plaçons ce tableau d’ensemble, comme un
notre Encyclopédie.
deront que le côté exclusivement scientifique. C’est pourquoi nous nous
étendrons parfois assez longuement sur les documents trouvés dans 1 anti¬
quité, mais notre historique sera d’autant plus sommaire que nous appro¬
cherons davantage de l’époque contemporaine.
Le grand nombre et l’étendue des recherches nécessaires pour ce travail
nous ont amené à demander des conseils à plusieurs savants auprès de qui
nous avons trouvé le concours le plus empressé. Qu’en tête de ces pages,
il nous soit permis d’adresser l’hommage de notre gratitude à MM. Babelon,
membre de l’Institut, le Dr Bené Bénard, Marcel Bouteron, bibliothécaire
à la Bibliothèque de l’Institut, le D'.Bruni, professeur à la Faculté de
Médecine de Kaples, Capart, professeur à l’Université de Liège, le Dr Capi-
tan professeur au Collège de France, de Champorin, bibliothécaire a la
Bibliothèque Nationale, Collin, fabricant d’instruments, Palmyr Cordier,
médecin de la Marine à Hanoï, le D” Paul Delaunay, Dorveaux, bibliothé¬
caire de l’Ecole de pharmacie, Uieuiaîoy, memme ae i rusiiour, « xj xiuucu
TTahn, bibliothécaire de la Eaculté de Médecine de Paris, le Dr Hamome,
Kohler, bibliothécaire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Morel-Eatio,
inembrè 'dé l’Institut, Sylvain Lévi, professeur au Collège de France,
J. Matôüzeau, docteur ès lettres, Loret, professeur de l’Université de Lyon,
le:Dr Meige, Maspero, membre de l’Institut, Pelliot, professeur au Collège
de France, le-Br de Pezzer, Pottier, membre de l’Institut, le Dr Bouquette,
de -Vieil, le IJr Saint-Cène, le D” Sedkÿ, médecin des hôpitaux du Caire, le
professeur Seidèl, de Meissen, le Pr Shattoek, de Londres, Elliot Smith,
professeur à l’Université de Manchester, Camille Vieillard, Louis Weill,
a;«Té<»é de' l’Université, le Dr Wiekèrsheimer, bibliothécaire de l’Académie
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^,i»s«S3 sJ^H^sasi!
HINDOUS
conclusion est la suivante : toutes les maladies urinaires deviennent incura¬
bles avec le temps, à partir du moment où les urines ressemblent à du miel.
Bu gravier se produit quand le vent divise une pierre en petits fragments. Si
le vent est favorable, le gravier sort avec l’urine ; sinon, il est retenu. Si des
14 L'UROLOGIE DANS L’ANTIQUITÉ CHEZ LES PEUPLES DE L’ORIENT
et l’emploi d’un régime végétarien. L’exercice est recommandé ; il diffère
suivant les classes. « Si le malade est riche, il recherchera la bataille, le jeu, les
promenades à ebeval ou à éléphant, à pied, en char ; qu’il vive avec les anti¬
lopes et suive un bœuf. S’il est pauvre, sans amis, sans sandales, sans parasol,
que, l’esprit au repos, il fasse cent milles à pied. S’il est brahmane, qu’il
recherche sa nourriture dans les épis abandonnés, et que, courbé à terre, il
creuse une caverne et pratique des macérations. »
Des rudiments de chirurgie urinaire se retrouvent dans Çaraka et plus
tard dans Supruta. La description de Hessler ne laisse pas de doute sur
l’existence des sondes : instrumenta Mmlata mu Uipliàter adMbenda : on les
emploie contre la dilatation et les tuméfactions du ventre dues à l’urine.
TXne indication assez précise de l’infiltration d’urine nous est donnée : la
tumeur du scrotum provenant de l’urine est traitée par la sudation ; si
elle ne se résout pas, le chirurgien perfore le raphé à gauche, y introduit un
tube perforé et retire l’urine, puis il place une ligature. S’agit-il d’une ponc¬
tion périnéale ou de l’incision d’un périnée infiltré ? Les injections étaient
connues ; il en est parlé dans le traitement de la gonorrée.
Ailleurs, il est indiqué que les calculs de l’urètre doivent d’abord être trai¬
tés par des médicaments, mais Çaraka parle de l’extraction d’une pierre au
moyen d’injections et d’un crochet.
Pour les calculs vésicaux, nous connaissons déjà la thérapeutique médi:
cale ; mais elle échoue souvent et Suçruta conseille alors de recourir à la
taille. Même avec un médecin expérimenté, l’opération est aléatoire. Aussi
l’appelle-t-on le suprême remède. Si on la néglige, la mort est certaine,
et même si on la pratique, le salut est douteux. C’est pourquoi le chirurgien
consciencieux opérera sous l’invocation d’Isvara.
«Le malade étant oint, sans vice des humeurs, un peu amaigri, ayant leeoips
peint et débarrassé des mauvais esprits, ayant sacrifié et obtenu des pré¬
sages favorables, ainsi qu’une bénédiction suivant le rituel des sacrifices
précédemment indiqué, tout ce qui est nécessaire étant préparé, le médecin
encouragera le malade ; puis si son patient est courageux et sans peur, il lui
ordonnera d’abord de s’asseoir dans un bouclier sans saillie, puis de se ren¬
verser en relevant les hanches. Le patient rapprochera les genoux et les
coudes, qu’on fixera avec des liens. Le médecin saisira alors le côté gauche
de. l’ombilic, préalablement bien frotté d’huile, et il le pressera fortement
avec le poing en descendant jusqu’à ce que le calcul soit tout en bas. Il s’en¬
duira d’huile les doigts et se coupera les ongles, et il introduira l’index et
le médius gauches dans l’anus, en entrant suivant la suture ; puis il réduira
prudemment, mais en y mettant de la force, l’espace entre l’anus et la
verge ; il s’approchera de l’abdomen inférieur (la vessie) qui est indolore,
de forme régulière, y portera ses deux doigts jusqu’à ce qu’il touche le calcul
pour que celui-ci fasse saillie comme un nœud.
« Si le patient, quand on tient le calcul, s’évanouit et laisse pendre la tête,
comme un mort, le médecin ne doit pas pratiquer l’extraction ; car, s’il la
pratiquait, le patient mourrait nécessairement. Mais, si ees symptômes
manquent, le médecin peut tenter l’extraction. »
S’écartant de la suture vers la gauche de l’étendue d’un grain d’orge, le
médecin prendra un scalpel proportionné à la grosseur du calcul. Il peut
pénètre pour la rétention, la blennorragie, la cystite, la gravelle, la polyurie.
Ces opérations chirurgicales sont à peu près les seules que pratiquent les
Chinois ; nulle part il n’est question non seulement d’une tentative de
lithotomie, mais même d’un cathétérisme; néanmoins celui-ci est pratiqué,
mais par des spécialistes non médecins, qui sont du reste méprisés des lettrés!
La médecine est libre en Chine et constitue une sorte de charge héréditaire.
Dans la plupart des couvents bouddhistes, un vieux moine exerce la médecine
et initie de jeunes bonzes. Ces lettrés étudient dans les livres anciens, mais
se bornent à la théorie et à l’examen du pouls. A côté d’eux, les ambulants,
les aventuriers vendent des remèdes et seuls exercent une chirurgie rudimen¬
taire. Mais, comme dans tout l’Orient, la catégorie de guérisseurs qui inspire
le plus de confiance aux masses est celle des sorciers qui vivent de la supers¬
tition et dont les pratiques magiques révèlent parfois une certaine connais¬
sance de la médecine.
GTuddéens. — Bien que la civilisation ait été très développée chez les
Chaldéens, il est difficile de trouver une indication sur ce qu’était la
médecine chez eux. Hérodote prétend que la seule pratique médicale des
Babyloniens consistait à exposer leurs malades sur la voie publique en
invitant ceux qui avaient vu des maladies semblables à donner leur avis sur
le traitement à appliquer. Il a sans doute accueilli cette fable à une époque
où les traditions médicales étaient perdues, car le Bristish Muséum possède
des fragments d’un syllabaire sumérien, sorte de dictionnaire de mots et
de signes, qui mentionne les différentes parties du corps, les reins et la verge
en particulier. D’après ce document, les médecins sumériens et babylo¬
niens auraient connu et interprété les différentes colorations de l’urine,
blanche ou pure, noire, nuageuse, boueuse, sanglante. Hs seraient les
précurseurs des Egyptiens, du moins d’après ce document qui remonte-
D’autres inscriptions cunéiformes prouvent l’existence de prêtres-médecins
qui exerçaient un art de guérir rudimentaire, et se livraient surtout à des pra¬
tiques magiques ; nulle part ailleurs, les arts occultes n’ont eu un dévelop¬
pement plus grand qu’en Asie Mineure et leur influence s’exerce encore
de nos jours.
Hébreux. —Il en fut de même des Hébreux dont les anciennes coutumes
étaient imitées des Egyptiens y compris leurs grossières superstitions et même
la pratique, rituelle plus qu’hygiénique, de la circoncision. Ce n’est qu’à
une époque relativement récente, vers 550 avant notre ère, que le Thalmud
reçut sa codification définitive; on y retrouve les principes de médecine et
d’hygiène de la Bible avec ce qu’v ont ajouté les lévites, les rabbins et les
Figure dp- Traité (FAitàfÔmfcyCûmposé, pai£Mansoür ibn Ahmed; pour le
prince timburïde Ziga' él; Hakk wa’l-Soultaneh wa’d ) Dounii wa’d Din, par
Mohammed Béhadour \{nibliothèquejiationalè. — Manuscrits persans, n° '1555.)
MINEURE
En Turquie, l’hématurie, l’albuminurie et le catarre vésical, très fré¬
quents, résultent d’excès vénériens, des médicaments abortifs, antigonor-
réiques, aphrodisiaques et des bains trop chauds. Par contre, on y trouve
rarement les diabètes insipide ou sucré ; on a observé une hématurie mysté¬
rieuse et tenace, bien que bénigne, chez les pèlerins au retour de Kirkilah.
La blennorragie ne paraît pas commune ; elle est traitée par les moyens
indiqués contre la- dysurie : en outre, les Persans, surtout les nomades, ont
conservé l’abominable pratique des actes.de bestialité dans le but de faire
cesser l’écoulement : le contact de l’â-nesse serait particulièrement efficace.
Les autres maladies urinaires sont rares et mal connues ; les rétrécisse¬
ments, l’hypertrophie prostatique ne se rencontrent pas souvent. Il est dif¬
ficile d’ailleurs de le savoir exactement, caries indigènes ne consultent guère
les médecins étrangers, et même les Européens non-médecins que pour leur
demander des recettes aphrodisiaques.
Notons enfin que l’urine est comptée par les interprètes de la loi divine
des musulmans parmi les choses impures ; par exemple, quiconque a commis
la maladresse de souiller ses mains ou ses vêtements en urinant, est chargé
de faire une absolution rituelle, et il n’y a de plus grave injure pour un
Osmanli que de lui dire : « Que les chiens pissent sur le tombeau d.e ton père » !
La même raison a fait naître la coutume de faire ses besoins naturels en s’ac¬
croupissant, soit en plein air, soit dans les étranges latrines en usage en
Orient. Aussi les Persans détestent-ils les Européens, parce, qu’ils urinent
debout et négligent ensuite de purifier leurs parties honteuses avec la main
gauche (Seidel).
CHAPITEE
L’UROLOGIE EN GRÈCE ET A ROME
A. — PÉRIODE PRÉHIPPOCRATIQÜE
Si les recherches des archéologues et la découverte de documents indiscu¬
tables ont établi l’existence en Grèce d’une civilisation précoce, ces travaux
ne nous apprennent rien de précis sur les pratiques médicales aux temps
les plus anciens. Mais ils nous montrent que la médecine a été exercée à
cette époque et qu’elle avait même atteint un certain développement.
On a voulu contester la priorité de la Grèce et démontrer que les premières
notions médicales lui venaient de l’Inde et de l’Egypte. Pour le premier de
ces pays, les dates que nous avons données détruisent cette hypothèse ; l’an¬
tériorité de l’Egypte, en matière médicale, ressort jusqu’à l’évidence des
documents que nous avons reproduits. Le papyrus d’Ebers date de 4 ou
500 ans avant la guerre de Troie ; les poèmes homériques où Daremberg a
trouvé les indications médicales les plus anciennes de la Grèce, n’ont été
composés que 300 ans plus tard -, l’écart est donc considérable entre la
Grèce et l’Egypte qui a dû lui donner des leçons.
Comme celle d’Egypte, la médecine grecque reconnaît une origine sacrée.
Le culte d’Esculape en Grèce est très ancien et on vit de bonne heure
se multiplier les temples du dieu, dits Asclepeia-, dont les uns, comme
celui d’Bpidaure, étaient construits avec un luxe inouï de statues et de
colonnades ; un boite sacré les entourait généralement. D’autres, plus
simples consistaient en constructions modestes, véritables sanatoria, où les
malades pouvaient être gardés en traitement. Autour d’eux on a trouvé
des inscriptions, des ex-voto, parmi lesquels on remarque d’assez nombreux
spécimens des maladies génitales, mais aucun d’eux n’a trait à l’urologie.
La médecine consistait d’une part en incantations et en cérémonies reli¬
gieuses et d’autre part en une thérapeutique véritable. Le malade, avant
femme s’assoira sur la courge et fera entrer très avant dans les parties géni¬
tales le bout de la courge, afin que les parties reçoivent le plus possible de
vapeur. On lui fera prendre des boissons diurétiques. D convient d’assouplir
le corps en dehors par des bains cbauds et la vessie par des boissons qui pro¬
cureront la plus grande quantité d’urine. La saignée dissipe ordinairement
Puis viennent, comme souvent dans Hippocrate, des observations à
l’appui : la première paraît se rapporter à une infeetion purulente plutôt
qn’urineuse.
« Bion, à la suite d’un état hydropique longtemps prolongé, perdit
l’appétit pendant plusieurs jours et fut pris de strangurie: un apostème
à la fois rouges et purulentes ne sont-elles pas celles de la tuberculose ou
A trois reprises il est fait appel à l’intervention chirurgicale et l’on se
demande si Hippocrate pratiquait la néphrotomie. « Si l’on aperçoit
une tumeur ou une élévation à la région rénale, pratiquez une incision »,
dit-il, mais il ajoute : « débarrassez l’organe des graviers par des diurétiques ».
Ce qui semble indiquer qu’il ne retire pas les calculs; rsavs-.v -/.a-a xçv vsçooy,
voudrait - dire « incisez jusqu’au rein et non pas le rein » et de même
plus loin : « quand il y a du pus dans le rein, faites une incision à la partie
littf in
lill
régions, elle est brûlée par la chaleur naturelle, et il se forme une pierre ou du
sable. Il importe de la briser ou de la diminuer par des médicaments appro¬
priés qui augmentent la chaleur et la dessèchent. » On reconnaît là une
pathogénie empruntée à Hippocrate.
Oribase pratiqua la chirurgie et nous a laissé des techniques qui paraissent
dues surtout à Anthvllus et à Héliodore. Bien de nouveau sur la taille :
c’est le manuel opératoire de Celse ; il signale seulement la gravité des bles¬
sures du col vésical qui laissent une fistule incurable. Sons le nom d’indura¬
tion du col il désigne une affection qui ressemble à l’hypertrophie prostatique.
Quand le cathétérisme est impossible, il propose d’inciser le périnée vers le
un nuage tenu en suspension indique que la nature n’a pas encore achevé
la eoetion des humeurs ou qu’elle livre un combat contre la maladie. Plusieurs
de ces détails sont empreints, d’un certain sens clinique: mais à côté
subsistent des enfantillages et des superstitions. Pour éviter les redites nous
passons vite sur l’étude- d’Aetius, car nous retrouverons ses idées plus déve¬
loppées dans Actuarius et les Salemitains. Nous supprimons de même une
longue liste de médicaments lithontriptiques.
A la même époque vivait Alexandre de Tralles, né en Lydie un peu après
Aetius dont il prononce le nom plusieurs fois ; il exerçait à Rome où il
acquit une brillante réputation. Dans ses ouvrages et dans l’histoire de sa
GALIEN AUX ARABES
Les calculs de la vessie se reconnaissent aux signes suivants : les urines
déposent du sable ; les malades « sont tourmentés, par un fréquent prurit de
la verge qu’ils frottent souvent ; il y a arrêt brusque de Furine quand le
calcul tombe au col de la vessie ».
On opérera plus volontiers les enfants jusqu’à l’âge de quatorze ans que
les bommes d’âge moyen et ceux-ci que les vieillards ; de même le traite¬
ment des gros calculs est plus facile que celui des petits, car la vessie est habi-
Voici quel est le manuel opératoire : on fait remuer le malade afin que le
calcul vienne au col de la vessie ; on le place debout. Le calcul est-il senti,
on incise immédiatement. S’il ne l’est pas, le doigt introduit dans le fondement
le fait progresser vers l’extérieur. Un aide comprime la vessie ; un autre relève
les testicules d’une main et de l’autre tend le périnée qui est incisé non
pas au milieu, mais vers la fesse gauche suivant une ligne oblique. Parfois
le calcul sort de lui-même ; s’il ne sort pas, on l’extrait avec un crochet.
L’hémostase se fait par des médicaments, tels que mauve, encens, aloès, etc.
Le pansement consiste en un linge trempé de vin et d’huile ; trois jours
après la plaie est lavée puis recouverte de charpie. Si une inflammation
Quant au cathétérisme,
roici la technique. On commence par attacher
fil de lin ; puis à l’aide d’un jonc on la pousse
au trou de l’instrument ; on . porte
s la verge qu’on relève en haut, puis
celui-ci en ligne d:
quand le cathéter arrive au périnée oi
le canal de la vessie devient oblique; la laine est alors retirée pour
couler l’urine. Quand la vessie est ulcérée, on la lave avec une s(
Peu à peu l’influence d’Hippocrate et de Galien s’éteint chez les d
médecins grecs : plusieurs les ont copiés sans prononcer leur nom
l’empirisme a été prédominant chez la plupart d’entre eux. IsTous allô
les écrits de Galien émigrer en Orient où les Arabes vont les recueilli
rapporter en Europe.
montre l’état d’anarchie où était plongée la médecine.
Anssi comprend-on pourquoi Constantin l’Africain (1015 (1) -1087) passa
longtemps pour le fondateur de l’Ecole de Saleme, à tort, car son mérite se
borne à y avoir introduit l’ordre et l’unité d’enseignement. Moine de Car¬
thage, ü alla s’instruire en Orient, peut-être à Alexandrie, sûrement àBaby-
lone où il étudia pendant 39 ans les langues et les sciences orientales. De
62 LES ARABES. — L’ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE
le flux du ventre, une affection pulmonaire, une douleur articulaire, la phtisie
consomptive, l’extinction de la chaleur naturelle. Telles sont les causes de
la couleur livide qu’il faut interpréter d’après ces signes.
Ge que nous connaissons de la vie de Gilles nous donne une haute idée
de son caractère. Sans doute la faveur dont il jouissait à la cour royale lui
permit d’affirmer son indépendance, car il flétrit vigoureusement les vices
de son temps. Dans un poème, Hierapigra ad purgandos prœlatos , il s’élève,
lui homme d’Eglise, contre la simonie de certains membres du clergé et
contre les usurpateurs de titres ; il réclame pour les maîtres seuls le droit
d’enseigner la médecine ; le premier il prend conscience de la propriété scien¬
tifique et proteste contre les plagiats, contre les « étrangers qui ont la pré¬
somption de récolter un grain qu’ils n’ont pas semé ». Il comprend la charité
sous sa forme la plus élevée, en y faisant rentrer les soins que le médecin
doit donner aux pauvres : dans ce but il compose une pharmacopée double,
celle des riches et celle des pauvres. Par exemple, la Diamargariton pour
les riches, l’Electuaire Plisis pour les bourgeois et l’Electuaire Dianthos
pour les pauvres, jouissent des mêmes propriétés et sont douées d’une
efficacité égale, mais diffèrent de prix.
C’est avec Gilles de Corbeil que l’Ecole de Salerne brilla du plus vif éclat
et bien que ce soit à Paris qu’il ait acquis renommée et autorité, il marqua
l’apogée de cette célèbre Ecole. Déjà en Italie des rivales s’étalent élevées;
l’Ecole de Eavenne, sa contemporaine, lui a toujours été inférieure mais
Padoue et surtout Bologne devinrent des centres médicaux importants qui
attirèrent maîtres et élèves. Ils l’emportèrent bientôt sur Salerne qui déclina-
à partir du xne siècle, quoique, d’après Nicaise, elle paraisse avoir longtemps
subsisté ; on en trouve des traces jusqu’au xvme siècle.
-Mais si un enseignement fécond et suivi fut donné à Padoue et à Bologne,
l’empressement des élèves ne saurait suffire à former une école, et l’on cher¬
cherait en vain un corps de doctrine, une agrégation de maîtres imbus
des mêmes principes. Hugues de Lucques, Brunus, Théodorie, Guillaume
de Salicet et surtout Lanfranc ont, il est vrai, étudié à Bologne ; mais ils
relèvent toujours de Salerne. Presque tous d’ailleurs quittent l’Italie pour
aller au delà de ses frontières répandre l’instruction qu’ils ont puisée chez
Pendant que Salerne, du x* au xne siècle, attirait Italiens et étrangers, les
autres nations restaient dépourvues d’écoles et de médecins instruits. Presque
partout les malades ne trouvaient de secours qu’auprès des moines, des
juifs ou des guérisseurs nomades. Cependant peu à peu deux centres d’é¬
tudes se firent connaître, Montpellier et Paris.
Montpellier, sans doute en raison de sa proximité de l’Espagne, procède
surtout des Arabes. Au début l’enseignement fut libre ; chaque maître
attirait à lui un groupe d’élèves qui lui payaient ses leçons, qu’ü fût français
ou étranger, car le droit d’enseigner est reconnu à tout médecin par un édit
de 1180. Mais bientôt ces écoles furent placées sous la juridiction de l’évêque ;
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74 LES ARABES. - L'ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE
existens, ex quitus nature, sentions medieatimem territus al expulsions
mince per rneatum exsiccatio humiditatis fluentis a came glandulosa quœ
est apud eoUum vesicœ est causa constrictionis meatus. » Voilà une première
indication d’une rétention réflexe ou spasmodique.
Arculanus en étudie le traitement par les procédés classiques au moyeu,
âge, suppositoires de sel, médicaments internes, des cantharides en parti¬
culier, Mettons à l’huile, injections irritantes dans la vessie, compression ma¬
nuelle de l’abdomen, enfin, usage de sondes de papier, de bois ou de cuir. En
cas d’insuccès une incision périnéale doit être pratiquée, boutonnière ou
cystostomie, prescription empruntée à G-alien et aux Arabes. On lui a attri¬
bué l’invention de la seringue, à tort, car nous avons déjà vu qu’elle rempla¬
çait la vessie de porc dont Celse et Galien se sont servis. Aussi est-on étonné
de voir Halgaigne attribuer à Gatinaria, qui exerçait à Milan en 1481,
l’invention de ce précieux instrument.
Ifous n’aurons plus à relever que le nom de Montagnana chez qui on a
plaisir à constater un effort pour remplacer par des observations person¬
nelles la reproduction servile des Arabes et des Anciens, mais, telle était
l’habitude prise, que pour le cathétérisme en particulier, c’est presque
textuellement Paul d’Bgine qu’on retrouve.
CHAPITBE IV
DE LA RENAISSANCE AU XIXe SIÈCLE
A. — LES BARBIERS-CHIRURGIENS. — LES AMBULANTS
Ce serait sortir de notre sujet que refaire Phistoire de la confrérie de Saint-
Côme, si bien étudiée par Malgaigne et par Nicaise qu’il est difficile d’ap¬
porter un document nouveau. Cependant elle vécut à côté des opérateurs,
des inciseurs, de ceux qui ont conservé, développé, perfectionné la taille
et les autres opérations sur l’appareil urinaire ; nous serons ainsi amenés
à en dire quelques mots.
Nous venons de voir, dans le chapitre précédent, comment des ehirur-,
giens instruits avaient obtenu de former une corporation grâce à la pro¬
tection de saint Louis et de son médecin Pitard. En 1301 une première
ordonnance, rendue par Philippe le Bel, restreint la pratique envahissante des
barbiers : protection imparfaite tour à tour retirée, diminuée ou supprimée,
puis rendue jusqu’à ce que, en 1370, Charles V eût octroyé aux chirurgiens
des privilèges véritables, à charge pour eux de s’engager à soigner les pauvres
gratuitement. Ils avaient le droit d’arriver à la licence, de suspendre des.
bannières à leurs fenêtres et de se réunir à l’église Saint- Jacques-la-Boueherie.
Les barbiers ne se tinrent pas pour battus et deux ans plus tard ils faisaient
reconnaître leurs droits par une ordonnance royale. Ils avaient d’ailleurs
beau jeu, car l’usage était pour eux et leur réservait tout ce qui était manuel
sant les petites opérations aux mains des barbiers, des femmes, des chirur¬
giennes et des coureurs. Dans les grandes villes ils rencontraient la concur¬
rence de personnages comme Guillaume de Salicet, Lanfranc, Guy de Chau-
liac, mais dans la plus grande partie du territoire il fallait bien s’adresser
à eux. D’ailleurs la démarcation entre leur pratique nt celle des chirurgiens
incisions chirurgicales" tendait à entretenir cette confusion aux yeux du
Les services qu’ils rendaient expliquent donc leur faveur auprès du pou¬
voir royal. En 1390 une nouvelle ordonnance rendue par Charles VI marqua
un nouvel échec des chirurgiens qui, pour sanctionner leur supériorité,
n’acceptèrent plus que des apprentis sachant le latin et augmentèrent de
deux écus d’or le droit de diplôme de bachelier. Cette mesure suffit pour
ANATOMIE
Usons ne voyons pas, comme dans les périodes qui ont précédé et suivi,
une ou plusieurs grandes personnalités attirer toüte l’attention, ni
des traités didactiques peser de leur autorité sur les masses; le procédé
diffère ; c’est celui de Cabrol, de Couillard, qui racontent ce qu’ils ont vu,
qui recueillent leurs observations souvent avec naïveté, toujours avec une
sincérité qui s’impose. Les travaux français de ce genre dominent en intérêt
et en nombre : c’est l’origine de la clinique, de l’observation scrupuleuse et
sans parti pris du malade ; elle deviendra méthode à la fin du xvme siècle et
donnera toute sa force à l’Ecole française. Tels sont les hommes qui
ont préparé Tolet, Dionis, Méry, Morand et l’école brillante du xvme siècle.
Un grand pas avait été fait : les chirurgiens ne dédaignaient plus ni le
cathétérisme, ni les carnosités, ni la taille. Sans doute des empiriques,^ des
giens était trop grande pour qu’ils pussent la soutenir et peu à peu ils
disparurent. La taille va être tolérée, acceptée, puis mise au rang qui lui
revient, celui d’une des plus efficaces et des meilleures opérations de la chi-
B. — ANATOMIE
Comme à toutes les autres époques, la chirurgie et l’urologie n’ont avancé
pendant la Benaissance que grâce aux progrès de l’anatomie qui ont éclairé
la route. Il est vrai que le xve siècle rendit un grand service en faisant
revivre Galien qu’on ne connaissait qu’au travers les livres des Arabes, mais,
pour l’étude de l’anatomie, la domination scientifique du maître de Per-
game a eu de fatales conséquences. « H est plus louable, disait Blondus en
1497, de se tromper avec Galien et Avicenne que d’acquérir de la gloire
avec les autres. Mieux vaut, comme on dit, mourir par un médecin métho¬
dique que de vivre par un empirique ».
{Nous verrons les efforts qu’il a fallu déployer pour accomplir cet acte
impie, ce crime de lèse-majesté : s’élever contre l’autorité de Galien. Certes,
le génie de ce grand homme avait, par intuition pour ainsi dire, découvert des
notions anatomiques utiles, mais elles restaient entourées de l’incertitude
et du vague que l’étude du corps humain devait seule dissiper.
Il ne nous appartient pas de retracer ici la splendeur de l’époque dont
nous abordons l’histoire, époque de rénovation et d’expansion de l’esprit
humain dont toutes les manifestations prirent un essor et un élan tels que
le siècle de Périclès peut seul lui être comparé. Mais les héros de la
clopédistes. A la fois peintres, sculpteurs, architectes, graveurs, etc., ils se
sentaient également attirés par les recherches scientifiques, même par les
plus abstraites et les plus ardues, comme l’astronomie et la mécanique.
Michel-Ange et Léonard de Vinci réalisent au plus haut degré ce type
de génie universel. Leurs dessins, leurs esquisses, montrent qu’ils ne se bor¬
naient pas à l’anatomie du squelette et à la myologiè qui semblaient les
seules utiles pour l’anatomie des formes, mais entraînés par leurs recher¬
ches, ils se consacrèrent aussi à l’étude des viscères.
CORPS H VM AI N. 5y
TABLE p ES reins or rognons.
C Qui eft vu propre parenchyme, quafi.
f La chair, -dfemblable à celuy du cœur, fors qu’il n’y
(jl point défibrés.
Veine, & ["Qui fe diftribuenrpar toute la- fabftance
artere e- 1 du rein, entrant par la partie fîme,& fc di-
mulgen-^. uifent iufques à ce qu'elles foient com¬
tes, {.me capillaires.
r Quieft fait del’extremité de l’vretere, en
Sinus, 'façon de baffin , ou entonnoir , quireçoit le
(ferum feparé du fâng;
. rQui font petitescarunctlles,à l’extremité des
. Papil-J vaiffeaux,par lefquelles corne glandes fpon-
les,- j.gieufe, diftile l’humeur fereus dans leftnus,
l& de là à l’vretre,& puis en la vcfïie.
fVne propre, l’autre commune, venant dü pe-
Tuni-J ritoine , & de la ftomachiqnc : d’où vient le
Ique, j-grand confenrement des reins, & de l’efto-
Aux Reins jaut |
remarquer, j
' C Auec les lombes par le péritoine , auec la vefiîe par
La con-’sles vreteres , à tout le corps parles vaifleaux nom-
nexion, Lmez.
/■Quieft comme vne demie lune,ou proprement com-
Figure,^ me vnfafeole , du cofté qui regardent la grand’ veine,
j font caues , ou phiftoft camus : 8c en dehors vers les
Miles, font gibeux Se longs.
Gran-5 Qui n’eftpas efgale en tous , mais ils font grands félon
deur, i qu’il eft requis, pour l’expurgation de l’humeur fereus.
r Qui eft communément double, vn dextre, l’autre fe-
Nom-Sneftre , combien que nous auons trouué fouuentdes
bre, corps qui n’en auoient qu’vn,mais fort grand.
Vfàge,t Qui eft de purger,& attirer l’humeur féreux.
/"Qui eft au cofté des vertebres des lombes. Se fur l'ori-
{ gine du mufcle pfoas , vn de chafque cofté de la veine
La fi- J caue defeendente ; non diamétralement , mais l’vn va
tuano,-', peu plushautque l’autre, fçauoir aux hommes,le droit
{ efttoufioursphsbasàcaufe du foye, quieft grand,
j aux brutes , le feneftre eft plus bas , pource que la ratte
tdefeend plus.
G z aux
WM
fini
îi) itt üîï ii iiï m «k
■Min! Il*
LA RENAISSANCE
Mil:
CHIRURGIE
Plusieurs faits de traumatismes rénaux sont dus à Paré. Entre autres :
« M. de Martigues, blessé au milieu du thorax, jetta le sang par la bouche
la. playe et les urines et mourut ». Voici enfin une autopsie. « Dans un' corps’
mort-, je trouvay un uretère de la grosseur du doigt oblitéré par une pierre.
Le patient, deux jours deuant mourir, jettait- son urine par la bouché. »
S’appuyant sur des considérations anatomiques, Eiolan montre l’avan¬
tage qu’il y a à inciser les abcès rénaux par la voie lombaire, car on évite
ainsi le péritoine ; mais il repousse l’extraction des calculs, excepté quand
il y a suppuration. Dans ce cas il conseille le cautère et « par ce moyen
tirer le pus et même la pierre... si la nature n’enseigne pas ce chemin ou
qu’elle ne commence à le faire, c’est une entreprise trop hardie de couper
et ouvrir les reins, à cause que les chairs sont trop épaisses et trop enfon¬
cées ». Il conclut en disant que ce serait un crime que de tenter une telle
opération.
Voici enfin Cabrol qui pratiqua de propos délibéré une néphrotomie
en se basant non seulement sur les symptômes, mais sur le souvenir d’une
autopsie récente.
« En l’an 1578, maistre ÏToel et moy fusmes appelés pour ouvrir un
honorable homme Anthoine Bignomme, marchant de la ville de Montpellier
âgé de 60 ans > lequel avait un grand abcès du rongnon gauche, devant què
l’ouvrir fusmes d’avis de le peser lequel trouuasmes qu’il était du poids
de 14 livres avec son guist (paroi) et rongnons lequel guist était d’épaisseur .
d’une bonne peau de mouton ou maroquin.
« Depuis en ça m’est advenu un jeune homme marchand à Pezenas, lequel
avait en même endroit une douleur fort grande et m’appela pour en auoir
auis et m’ayant parlé et fait discours de sa maladie je fus d’aduis qu’il appe¬
lât conseil... à laquelle consultation fusmes quasi de contraire opinion les
.uns tenoyent pour une pierre au rein et moy, au contraire, tenois que c’étoit
un abcès étant remémoratif de l’abcès du sieur Bignomme. Le malade me
que de vivre si misérablement ; moy estant convaincu de prières tant de luy
fusse si téméraire de l’ouurir seul mais y appelay tous ceux qui s’estoyoeint
trouvés à la consultation et ayant appliqué mon cautère dedans, il y en
eut de bien joyeux en la compagnie et trouuay la cauité et le lieu de la
matière, mais il n’en sortit rien. Deux heures après j’y fus pour changer
le premier appareil et la tente étant sortie, fus contraint prendre un bassin
deux fois le jour un plat le matin et un le soir ; cela dura l’espace d’un mois
ou cinq semaines, mais avec les remèdes, tant d’onguents qu’emplastres,
sérats, iniections, l’ulcère fut détergée, incarnée et bien cicatrizée et en est
bien guéri, dont depui s’est changé à Marseille pour poursuyure sa traf-
Cabrol, que nous avons vu bon anatomiste, ne négligeait pas d’ouvrir
le corps de ses malades défunts toutes les fois qu’il le pouvait; c’est ainsi
qu’il décrit un rein en fer à cheval avec deux uretères, un autre avec un seul
uretère très ample, un seul rein « d’une grandeur incroyable » couché sur
les vertèbres des lombes.
STRANGURIE,
le faire. On peut à bon droit les considérer comme les créateurs de la
nombre d’opérations. Us ont découvert les rapports qui unissent les divers
organes de l’appareil urinaire ; les premiers, ils ont eu une conception haute
et- large des affections qui les atteignent.
Ces deux hommes, unis par une étroite amitié, avaient des qualités com¬
munes : le bon sens, la passion de la clinique, l’amour du progrès ; mais
quelle opposition dans leurs procédés d’enseignement ! Desault, orateur et
publié ses notes. Cependant le souvenu de ses brûlantes leçons s'est trans¬
mis jusqu’à nous, de même que nos eontemporams perpétueront la mé¬
moire de Lasègue, de Trélat et de Dieulafoy.
Les qualités de Cbopart étaient toutes différentes : son élocution médiocre
et confuse ne retenait que peu d’élèves autour de lui. Aussi s’est-ü attache
à recueillir les faits cliniques qu’il devait utiliser pour la rédaction de son
livre Celui-ci vivra longtemps : les observations bien prises, présentées
nettement et en grand nombre, sont choisies avec art et si bien p-oupees
qu’elles font dérouler devant le lecteur l’histoire d’une maladie et la fixent
esTremettable que l’exemple de Desault et de Chopart n’ait pas été
suivi; nous verrons que le souci de la clinique, pendant
une «rande partie du rcx* siècle, a cédé le pas aux inventions mstrumen-,
taies et aux hypothèses. H faudra attendre que les grands chirurgiens de
la fin du siècle dernier reprennent les traditions que Desault et Chopart
n’avaient pu faire accepter par leurs élevés immédiats.
CHAPITBE
LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES
Dans les chapitres qui précèdent nous avons indiqué chemin faisant
les principales étapes de la lithotomie, montrant que, si les anciens
Egyptiens paraissent l’avoir ignorée, les Hindous et les Persans l’avaient
pratiquée à une époque fort reculée ; comme il est impossible de fixer
une date précise, on considère comme probable que cette opération fut
apportée en Orient par les Grecs au moment des guerres d’Alexandre.
Mais elle était méprisée et abandonnée à des personnages assez peu hono¬
rables pour qu’Hippocrate, dans son serment, défendît aux médecins de la
pratiquer. Cette proscription produisit peu' d’effet, car des médecins tels
qu’Ammonius, qui occupait une haute situation, ont pratiqué et perfec¬
tionné la taille, néanmoins elle restait réservée presque exclusivement à
des spécialistes nomades qui allaient exercer de ville en ville ainsi qu’on le
voit encore aujourd’hui en Orient.
Celse nous donne une description que nous avons reproduite (v. p. 37)
de la méthode alors employée; elle existait certainement avant lui car il
ne la présente pas comme une méthode personnelle. Sa simplicité même
l’imposait à tous ; plus ou moins modifiée par les médecins grecs et romains,
Paul d’Egine, Anthyllus, Oribase, par les Arabes, puis par Guillaume de
Salicet, Guy de Chauliac, etc... ; elle persistera jusqu’au xvme siècle sons le
nom de petit appareil.
Le grand' appareil. — C’est au commencement du xvie siècle qu’une
méthode nouvelle qui devait détrôner l’antique procédé fut employée par
Giovani di Bomanis, plus connu sous le nom de Jean des Bomains, médecin
écrite par lui à Marianus et retrouvée par Malgaigne.
Bencontrant des difficultés pour reconnaître le col vésical chez un enfant,
il imagina d’introduire une sonde dans le canal et de s’en servir comme
de conducteur vers la vessie. H perfectionna peu à peu ce procédé et mul-
tipha les instruments, ce qui lui fit donner le nom de grand appareil.
étudia d’abord à Naples, puis à Borne sous Jean de Vigo. Son maître
principal fut Jean des Bomains dont le nom même serait sans doute resté
inconnu si Marianus n’avait eu la probité, bien rare à cette époque, de rap¬
porter à son maître la technique qu’il tenait de lui. Il est d’ailleurs possible
que ce procédé ait été employé avant lui par des inciseurs qui auraient
mn
111
■ES L1TH0T0MISTES
dans un régiment de cavalerie, obtint son congé 5 ans après et se lia avec un'
opérateur ambulant du nom de Pauloni « qui taillait du boyau et de la
pierre » ; tout en étant son serviteur, il apprit de lui la pratique du petit et
du grand appareil. Befusant de le suivre à Venise, il gagna la Provence, y
pratiqua la taille pendant une dizaine d’années, mais non plus la -kéloto¬
mie, parce qu’il répugnait à l’ablation du testicule qui, à cette époque, était
la conséquence de cette opération.
Vers 1690, il prit l’habit religieux. Se fit-il admettre dans l’ordre de
156 LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES
contusions et le décliirenient de ces parties qui arrivent presque toujours au
col de la vessie et aux prostates. » En revanche, Méry blâme la nature et la
forme des instruments qui paraissaient des plus défectueux.
En attendant la rédaction du rapport de Méry, Frère Jacques était allé à
Fontainebleau où résidait la cour. Duchesne, le médecin des princes, fut inté¬
ressé par le récit de sa manière d’opérer, en parla à Fagon, puis à Bourdelot, de
sorte qu’on permit au Frère de tailler un garçon cordonnier, ce qu’il fit avec
un plein succès. Louis XIV en fut informé et dit qu’il « fallait avoir soin de
cet homme-là ». Logé chez Bontemps, premier valet de chambre, il pratiqua
Fig.' SO. — Dilatateur du Frère Jacques, d’après Descbamps.
élogieux. Malgré tout, les administrateurs de l’Hôtel-Dieu et de la Charité
décidèrent que le Frère y taillerait publiquement. Mais sur 60 calculeux
opérés, 25 succombèrent tandis que sur 22 malades opérés au grand appareil
par les chirurgiens ordinaires, 19 guérirent. Interdiction d’opérer fut faite au
Frère Jacques, basée moins sur la fâcheuse issue de ses opérations que sur
son mépris des baumes et emplâtres qu’on employait comme pansements.
« Il suffit que je lui aie tiré la pierre, avait-il répondu, Dieu le guérira. » Mala-
Le séjour de Paris n’étant plus guère pour lui plaire, Frère Jacques reprend
sa vie errante, mais précédé désormais par la renommée de son nom : en
juillet 1698, il opère avec succès à Orléans, puis à Aix-la-Chapelle, enfin en
Hollande en 1899 où la Gazette d’Amsterdam le décore du nom d’opéra-
guide il introduisait i
autre bistouri à lai
duisait un gorgeret,
puis des tenettes. Ce
procédé offre plus de
sécurité que celui de
Cheselden et a servi à
vulgariser la taille en
offrant des facilités aux
personnes peu expéri-
Lt vingt calculeux prête:
roir été pratiquée que ■
îïffffp
CHAPITRE YI
L’UROSCOPIE ET LES UROM ANTES
L’étude de l’urine et de &er> caractères, de leur signification au point de vue
séméiologique et pronostique, a occupé dans la médecine ancienne une place
capitale, dont il est difficile de se faire une idée à l’heure actuelle. Elle mérite
bien le nom d’uroseopie, car pendant longtemps l’examen de l’urine se borna
à son inspection.
A une époque où l’on ne possédait ni la percussion ni l’auscultation, où la
chimie n’était encore que de l’alchimie, science occulte et mystérieuse qu’on
n’avait pas songé d’ailleurs à appliquer à l’étude de l’urine, où aucune des
réactions biologiques actuelles n’étaient soupçonnées, on devait deviner
plutôt que diagnostiquer les maladies internes grâce aux signes que four¬
nissait l’examen du faciès, de l’habitus général, de la respiration, des
sueurs, de l’expectoration, et surtout du pouls et des urines. Parmi ces signes,
l’étude de l’urine devait être la plus féconde. Couleur, quantité, densité,
matières contenues varient à l’infini et sont l’occasion de déductions par¬
fois ingénieuses, mais trop souvent aussi de simples imaginations.
Que l’on joigne à cette absence de méthode scientifique et de critique au
moyen âge, l’habitude de la compilation élevée à la hauteur d’une science,
et l’on comprendra comment cette partie de la médecine, restreinte chez
Hippocrate, est devenue vaste, ample, diverse, et souvent contradictoire
chez les derniers des médecins grecs et ceux du moyen âge. Tout est sur léji
même plan, le certain, le probable et l’hypothétique: à l’obscurité qui
en résulte s’ajoutent un besoin finaliste irrésistible à cette époque, et les
hypothèses basées sur une physiologie fantaisiste sans expérimentation;
aussi n’est-on pas surpris du fatras de connaissances fausses et puériles,
mais parfois, il faut le reconnaître, marquées au coin d’un grand bon sens que
possédaient nos ancêtres.
Avec Hippocrate et même avec Galien, qui, d’ailleurs ne fait guère que
le commenter, l’urologie n’est pas une science à proprement parler. Se
plaçant surtout au point de vue du pronostic, Hippocrate établit des rapports
entre les qualités de l’urine et l’évolution de la maladie, sa durée et son issue;
il en tire des conclusions souvent justes pour le diagnostic.
Après eux, les commentateurs et les compilateurs viennent, qui n’ajoutent
guère de notions importantes. A leur tour les Arabes et les médecins du moyen
A la Renaissance, ces connaissances devaient être discutées, renversées par
JROMANTKS
sième la valeur séméiologique de oes différents éléments, leur signification
suivant l’âge, la saison, le pays, etc. ; dans le quatrième et le cinquième, il
Temonte aux causes de ees perturbations et en fait ainsi le diagnostic étiolo¬
gique; dans les deux derniers livres enfin, il établit le pronostic à tirer de
l’étude de ces variations.
Après avoir indiqué le plan de son livre, Actuarius, dans un chapitre qui
est une sorte d’historique, déplore que « pour une raison, dit-il, que j’ignore,
aucun des anciens auteurs qui cependant connaissaient bien la question ne
l’a traitée avec quelque soin ». Malgré son respect de la tradition, car il ne
cite Hippocrate qu’en lui adjoignant l’épithète de Sapientissimus, il émet sor
lé maître, de Oos et sur Galien les appréciations que voici :
« Le vénérable Hippocrate lui-même qui, de côté et d’autre, a dit quel¬
ques mots des urines, n’a laissé sur ce sujet qu’un traité incomplet. Galien,
sonnages illustres de cette Université. Un cortège solennel eut lien à cette
figures allégoriques et bien certainement sans aucune intention satirique.
Or la Médecine y figure tenant un flacon d’urine' à la main tandis que des
UROMANTJES
LJROSCOPIE
consultation donnée par un charlatan avéré à une jeune fille dont il devine
. D- — L’ART SPAGYRIQUE ET SES DÉTRACTEURS
L’urologie, si simple entre les mains d’BHppocrate et de Galien,
SPAGYRIQUE
mmtiinm
1 il
. Et le signe de Libra a regard sur le péril et génitales dell’hoœme.
le signe de Scorpius a regard sur le membre de l’homme. Et le signe
Sagittaire a regard sur les cuisses de l’homme. Et le signe de Capncor-
a regard sur les genoulx de l’homme. Et le signe de Aquarius a regard
les jambes de l’homme. Et le signe de Pisces a regard snr les pi& de
mme. Et ainsi doi les entendre de la femme. »
I -
2° beaucoup de liqueur aqueuse avec quelques particules de sel et dé
soufre, 3° une eau très pénétrative communément appelée esprit d’urine,
mais qui est un phlegme’ fort aiguisé par le sel, montant le dernier dans la
distillation ; enfin après distillation il reste dans la cueurbite : 4» du sel • go de
JS UROMANTES
d’un médecin de flairer l’urine, cependant bon gré mal gré, l’odeur peut par¬
venir jusqu’à nos narines. Modérée à l’état normal, elle devient infecte lor*
qu’on a mangé de l’ail ou du fromage pourri ; elle l’est encore dans les cas
dans des nuances insignifiantes, il insiste sur les points importants en particu¬
lier sur le diagnostic des urines bilieuses et hématuriques. n en est de même
pour les urines troubles. Mais bientôt Fernel cède à ses souvenirs classiques.
Pour lui la couronne formée de grosses bulles est signe d’humeurs grossières,
si les bulles sont petites et disposées circulairement c’est douleur de tête!
si elles sont disposées en demi-cercle, c’est migraine. Si la douleur est intense
les bulles seront dorées, si elle est légère elles seront pâles, si la douleur s’a¬
paise elles nageront au milieu de la surface de l’urine « car le fait qu’elles occu¬
pent le haut de l’urine témoigne que c’est la tête, la plus haute partie de
l’homme qui est le siège de douleur ». Si les bulles tombent, cela signifie
que la maladie tombe de la tête sur les poumons, etc... Il était vraiment bien
difficile, même pour un esprit aussi distingué, de se défaire, des rêveries de
ses prédécesseurs.
îilüiît1
recommande de comparer tm volume donné d’urine,
d’un corps pesant le même poids.
iis Paracelse et van Helmont et surtout depuis Actuarius, on
rogrès ont été réalisés grâce à une observation plus attentive des
nalyse apportée à l’étude de l’urine. Mais les procédés que recomn
sont surtout des procédés physiques. H se méfie de la chimie, quic
evait donner les plus intéressants résultats entre les mains de soi
Hermann Boerhaave, né le 13 décembre 1668 àWoorhout, près de Leyde,
compte parmi les médecins les plus illustres. Après avoir étudié la théologie
suivant le désir exprimé par son père mourant, il s’adonna à la médecine et à
25 ans fut reçu docteur de l’Université de Harderwick. Dès l’âge de 30 ans,
il enseignait dans l’Université de Leyde. L’état de sa santé le força d’inter-
lllll I
homme toujours prêt ;
iterpréter la marche <
une longue pratique des voies urinaires permet seule de faire face.
L’urologiste idéal doit donc être aujourd’hui à la fois anatomiste, physiolo¬
giste, médecin et chirurgien consommé; il doit être expérimentateur, posséder
des connaissances suffisantes en chimie et en physique, en histologie et en
bactériologie. Ce n’est pas là une vue de l’esprit car beaucoup d’urologistes
possèdent ces qualités. Il en est un tout au moins chez qui elles brillaient
au plus haut degré : c’était le professeur Albarran.
Dans cet exposé nous avons cherché à montrer l’évolution de la science
urologique au xixe siècle. L’historique de cette période sera limité à cer¬
taines questions, car la plupart d’entre elles se lient à la pathologie
et seront exposées dans chaque article de cette encyclopédie. Nous
rons cependant aux origines de plusieurs découvertes : les rétrécis
lalithotritie, l’endoscopie, en relatant très rapidement quelques an
importants de cette période.
3. — LE CATHÉTÉRISME
Il ! I
,E CATHÉTÉRISME
gnostic sur le cathétérisme explorateur- On s’aperçut qu’un instrument
cylindrique, bougie ou sonde, était un mauvais explorateur, car elle ne per¬
mettait pas de localiser les sensations.
Un chirurgien militaire, Liout, réalisait un progrès en construisant en 1824
les premières sondes coniques terminées par un renflement, modèle pri¬
mitif des bougies et sondes à bout olivaire. Le principe d’un renflement
terminal allait s’imposer.
Déjà au siècle précédent, Petit et Desault avaient indiqué l’emploi
d’instruments terminés par une boule dont Ch. Bell s’est certainement
servi, Ségalas employa méthodiquement une tige terminée par une olive
extrémité d’une lentille qui, rendue excentrique par un mouvement de bas¬
cule accrochait et révélait les obstacles pendant le retrait de l’instrument.
Vers 1830, une amélioration fut faite par Guillon qui présenta des bou¬
gies de baleine, dont l’extrémité terminée en virgule était trop pointue,
car elle exposait à blesser la muqueuse. Ce ne fut guère qu’en 1836 que
Leroy d’Etiolles inventa la bougie de gomme à boule, à peu près telle qu’on
l’emploie de nos jours. Mais les chirurgiens ne paraissent pas y avoir eu
Celui-ci se servait, pour explorer l’urètre, d’un faisceau de fils de soie,
effiloehé à, une de ses extrémités qu’il chargeait d’une petite masse d’un
mélange de cire jaune, de diachylon, de poix et de résine. Ce fil, passant dans
une sonde à bout coupé, maintenait à son extrémité le mélange emplas-
tique. Ducamp conduisait sur l’obstacle cet appareil, attendait que la cire fût
ramollie, puis exerçait une légère pression. La sonde retirée avec précau¬
tion donnait un moulage du rétrécissement ; la figure 132 montre des résultats
heureux. Mais la méthode était infidèle ; la cire, trop ou insuffisam¬
ment, ramollie, rapportait souvent un moulage inexact, et surtout, grief
plus sérieux, elle se détachait et oblitérait l’urètre. Fous verrons toutefois
le parti que Ducamp, Lallemand et beaucoup d’autres spécialistes en
ont tiré pour le traitement des strietures.
ffifi Pou après, en 1836, Cazenave, de Bordeaux, inventa un urétromètre
(ng- 133), formé de fines lames de ressort qui se développaient après leur
i 1 I 1 II II!
•lili ?tlîi
tlflffi
l’uretrotomie deBeybard n’en reste
ns un des procédés les plus dange¬
rs accidents qu’elle a produits ont
^mtr
principaux spécialistes qu’il importe de J
.E XIX® SIÈCLE
et Portai, ont égaré la- pathogénie des accidents du prostatisme en admet¬
tant que les tumeurs de la prostate rétrécissaient le canal. EverardHome.
en 1811, fit connaître la véritable nature de l’hypertrophie qui, pour lui, n’est
pas produite par une dégénérescence ; la rétention et les difficultés miction-
nelles qu’elle détermine sont d’ordre mécanique. Cette notion éliminait la
paralysie vésicale à laquelle on rapportait la dysurie des vieillards.
En Erance, Amussat-, puis Leroy d’Etiolles, écartant définitivement
l’idée de cancer, acceptèrent les idées d’Everard Home sur l’hypertrophie
d’un tissu normal, dans des mémoires présentés à l’Académie de 1829 à 1832.
Leroy décrivit un bourrelet transversal qui fermerait le col de la vessie à la
manière d’une soupape. Trois ans après, en 1833, Velpeau démontra la béni¬
gnité de l’hypertrophie prostatique, mais il chercha à établir une analogie
entre les tumeurs utérines et les fibromes prostatiques qui auraient ponr
point de départ une goutte de sang extravasé.
C’est surtout Mercier qui fit entrer l’étude de l’hypertrophie dans une
voie nouveEe. Hé au Plessis-Saint-Jean en 1811, E fit de bonnes études
médicales, et dès son internat en 1834, il se consacra à la pratique des voies
urinaires. Jusqu’à sa mort survenue en 1882, ü n’a cessé de publier et de pro¬
duire, apportant dans ses polémiques une énergie dont ses devanciers loi
avaient donné l’exemple. Le prix Montyon, puis le prix d’Argenteuil récom¬
pensèrent ses découvertes, mais ü ne put franchir les portes de l’Acadenu
de Médecine ni de la Société de Chirurgie. Sensiblement plus jeune que cens
de ses concurrents que nous connaissons, il se mêla à leurs luttes : l’a s0
lutisme de son caractère, la violence de ses répHques fit qu’E les eut presqu
! lUîlVf ï
ifiPM
ifilïltllîlilïrli
iilëi-
BIBLIOGRA
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE
ANATOMIE, EMBRYOLOGIE ET PHYSIOLOGIE
APERÇU GÉNÉRAL, DÉFINITIONS ET SOMMAIRE
ANIMALE
296 L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE
Elle a par conséquent une double action, d’une part tirer de l’être vivant
différents principes, d’autre part rejeter diverses substances solides et
liquides et notamment les produits de décomposition des matières azotées,
tels que l’urée, l’acide urique, etc.
Cette fonction est commune à tous les êtres vivants, mais tandis que chez
les animaux les plus inférieurs, il n’existe point à proprement parler d’organes
particuliers pour l’accomplir, au fur et à mesure qu’on s’élève dans la série
on voit apparaître et se développer des organes spéciaux dont l’ensemble
constitue V appareil sécréteur. Celui-ci se différencie de plus en plus, et dans
les groupes supérieurs, comme les Vertébrés terrestres et l’Homme, il atteint
une grande complexité.
Les organes particuliers chargés d’extraire du sang et de sélectionner
divers principes, produits plus ou moins directs dê la désassimilation, portent
le nom de glandes. En règle générale, l’expulsion de ces produits doit se faire
au dehors, c’est-à-dire par les téguments ou par le tube digestif qui lui-même
peut être considéré également comme faisant partie de l’extérieur. H existe
des glandes unicellulaires, mais chez des animaux élevés en organisation,
ces organes peuvent devenir beaucoup plus complexes et chez les Vertébrés,
par exemple, on y distingue habituellement les parties principales suivantes :
1° Une membrane épithéliale composée de cellules spéciales chargées
d’extraire du liquide sanguin les principes particuliers à la glande.
2° Une nappe sanguine formée par des artères et par des veines qui se
ramifient en fins capillaires.
3° Des "filets nerveux qui règlent l’activité sécrétrice.
les produits sécrétés, c’est le canal excréteur. Celui-ci fait toutefois défaut
dans certaines glandes dont les produits repassent dans le sang et qui sont
dites glandes closes.
En ce qui concerne le rôle dans l’économie des substances sécrétées on doit,
en effet, distinguer deux cas : .
Dans le premier les produits sont susceptibles d’être encore utilisés pour
l’accomplissement de certaines fonctions, ils constituent les sécrétions propre¬
ment dites ou sécrétions récrémentitieUes comme on les appelait jadis, c’est-à-
dire destinées à être réabsorbées et pouvant séjourner encore plus ou moins
longtemps dans l’organisme 1.
Dans le second cas. au contraire les produits sont mutiles ou nuisibles, ils
sont simplement rejetés au dehors et. portent le nom de sécrétions excrémen-
titielles ou simplement excrétions -.
Bien que dans le langage courant on confonde généralement sécrétion et
excrétion ce dernier terme a une acception moins étendue que le premier.
TJ excrétion à proprement parler est une forme plus spéciale de la fonction
générale de sécrétion.
ou cavité générale. De ces trois feuillets du blastoderme naissent des tissas
plus on moins différenciés.
On rencontre chez les Métazoaires deux types principaux de structure •
I. Les Phytozoaires ;
Les Phytozoaires correspondent à peu près aux Zoophytes de Cïïvh&;
les animaux-plantes sont généralement immobiles, fixés, ou dérivant
d’anima ux fixés ; leur corps est rayonné, c’est-à-dire symétrique par rapport
à plusieurs plans, rappelant ce qui se passe dans le règne végétal, d’où le nom
donné à leur groupe.
Les Phytozoaires forment trois embranchements :
1° Les Spongiaires vulgairement dénommés Eponges, dont le corps est
creusé d’une cavité ou d’un système plus ou moins compliqué de cavités
pour la circulation de l’eau ; ils possèdent un squelette calcaire, corné on
siliceux, constitué de petites pièces souvent en forme d’épines ou spiaâes.
Chez eux les trois feuillets sont représentés mais il n’y a pas de cavité générale.
2° Les Polypes ou Cœlentérés dont les types les plus connus sont les Hydres,
les Coraux, les Méduses, habituellement fixés, à symétrie presque toujours
nettement rayonnée, à mésoderme plus ou moins rudimentaire et sans cavité
générale.
3» Les PcUnodermes comme les Oursins, les Étoiles de mer, déjà pins
élevés en organisation, possédant une cavité générale et un appareil circula-
302 L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE
cavité générale, mais au lieu de s’ouvrir séparément à l’extérieur elles !
testin terminal (fig. 197 et 198).
La néphridie des Vertébrés présente en outre cette particularité de j
sur son trajet une sorte d’ampoule renfermant un paquet de vais
sanguins, le glomérule de MalpigM.
brés disparaît dans la suite. Chez les Vertébrés adultes le rein fouet
comme une glande ordinaire et ne communique plus directement avecla (
INVERTÉBRÉS
H n’y a, en général, qu’un seul orifice à ]
ïlllll
L’APPAREIL EXCRÉTEUR CHEZ LES INVERTÉBRÉS 311
Coshovici a insisté sur ce fait que la néphridie typique ne s’ouvrirait pas
viendrait seulement s’ajonter à l’appareil néphridien que quand celui-ci
se trouve devoir remplir accessoirement la fonction de conduit évaenateur
des produits de la reproduction. Typiquement la néphridie se ter
par une ampoule plus ou moins volumineuse, flottant dans la cavité visi
et tapissée à l’intérieur par des cils, portant aussi assez souvent un flage
L’ampoule serait chargée du filtrage et de l’englobement des produit
que dans nombre de cas on ne trouve pas de pavillon vibratile.
Pour Goodeich il y aurait lieu de distinguer dans les organes segmentaires
des Annélides les quatre formes suivantes (fig. 205) :
1» La protonéphridie, qui commence sous l’épithélium du cœlome par un
ou plusieurs culs-de-sac garnis intérieurement de cellules à longs cils ou
solénoeytes, et se continue par un tube contourné pour s’ouvrir au dehors
par un pore. Bile est complètement indépendante des conduits génitaux
et sa fonction est seulement excrétrice.
2° La néphridie proprement dite, constituée sur le même type mais qui
s’ouvre par un pavillon cilié ou néphrostome dans le segment précédan
celui où débouche son orifice externe. Elle est aussi excrétrice mais peu
servir parfois au transport des produits génitaux ou gamètes.
3° Le cmalimle génital, qui commence dans le cœlome par une larg
ouverture, va en s’effilant et débouche au dehors au moment de la repr'
duction.
4» La néphromixie, formée par le mélange d’une néphridie et d’un cam.
licule génital et qui sert à la fois au transport des produits génitaux et à eelu
des produits urinaires.
Comme on le voit, la question est encore assez controversée.
Les néphridies apparaissent dès le début du développement. Oi
III!?
URINAIRE DANS
L’APPAREIL EXCRÉTEUR
INVERTÉBRÉS
communiquant avec ceux du côté opposé par des anastomoses transver¬
sales aussi bien dans la tête ou scolex que dans les proglottis (fi g. 214). Ces
troncs servent de collecteurs à un réseau de fins canalicules anastomosés et
ramifiés dans toute l’étendue du parenchyme du corps où ils ont pour origine
des ampoules ou entonnoirs clos à flamme vibratile. Les canaux longitu¬
dinaux aboutissent finalement à une petite vésicule munie d’un pore excré¬
teur et située au bord postérieur du dernier anneau. Quand celui-ci se détache
la vésicule disparaît et chaque tronc latéral peut s’ouvrir directement ou
L’APPAREIL «ÜRLNAIRE
LA SÉRIE ANIMALE
IV. — NÉMATHELHINTHES
L'embranchement des N émathelminthes est maintenant réservé à, des
Vers allongés, fusiformes ou filiformes, à coupe du corps cylindrique, sans
métamérisation apparente, ni appendices articulés, ni vaisseaux sanguins
à téguments chitine ux, dépourvus de cils vibratiles et à eœlome libre. Presque
tous sont parasites et à sexes séparés ; leur extrémité antérieure est munie
de papilles ou de crochets.
On les divise en deux groupes :
nage des mâchoires, c’est le cas des glandes du test, des glandes eét
des Entomostracés (fig. 216). Chez les Crustacés supérieurs ou Mala<
elles se localisent cependant le plus souvent daiy; le segment corres
aux antennes postérieures, d’où leur nom de glandes antcnnaires. E:
vent même présenter un grand développement chez les Décapodes
l’Ecrevisse où on les appelle glandes vertes.
La glande verte de l’Écrevisse se compose d’une portion glandulâ
prenant une partie brune terminale ou saeeule et une partie verte (
de poché anfractueuse richement vascularisée, le labyrinthe (fig. 217).
vient un canal excréteur long et pelotonné, d’abord transparent, puis de
II*-!' tll
L’APPAREIL EXCRÉTEUR CHEZ LES INVERTÉRRÉS 321
glandulaire pour remplir exclusivement le rôle de canal excréteur (Unie).
Finalement les orifices péricardique et externe se rapprochent tout à lait
l’un de l’autre ( Poromya ). Comme dans un grand nombre d’autres groupes,
l’appareil urinaire peut servir de conduit vecteur aux produits des glandes
génitales, ou bien rein et organes génitaux débouchent de chaque côté sur
une papille commune. Chez les Siphoniens à sinus palléal, les orifices des reins
et les orifices génitaux sont presque toujours séparés.
lans la paroi des sacs une partie inférieure lisse, une partie
le, glandulaire, formée de grappes de lobules ; cette dernière
iessus des gros vaisseaux comme la veine cave ou grande
s péritonéales ou abdominales, d’où le nom d’appewdirrs
st donné (fig. 220).
t la règle habituelle, les reins des Céphalopodes communi-
msmmmsm
Ces cellules peuvent même se réunir et former dans certains cas une masse
volumineuse à laquelle on a donné le nom de rein, mais cet organe ne possède
pas de canal excréteur, c’est un simple rein d’accumulation.
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL URINAIRE
CHEZ LES VERTÉBRÉS
Les Vertébrés, Chordés à cerveau subdivisé en plusieurs régions et protégé
par une boîte crânienne, forment un groupe trop anciennement connu
ORIGINE
ET DÉVELOPPEMENT CHEZ LES VERTÉBRÉS 331
3» Les Euihériens ou Monoddphss, placentaires, sans membrane caduque
on avec caduque, qui comprennent un grand nombre d’ordres caractérisés
principalement par des modifications dues au régime alimentaire.
On distingue d’abord les Edentés, groupe inférieur assez hétérogène, à
dentition souvent nulle, comme les Fourmiliers, les Pangolins, etc., les Cétacés,
aquatiques, pisciformes, dont les types sont les Baleines et les Cachalots ;
on en sépare aujourd’hui les Siréniens, comme les Lamantins à régime herbi-
Les Ongulés, herbivores, adaptés à la course, viennent ensuite ; ils sont
tantôt à doigts impairs ou Périssodactyles comme les Bhinocéros, les Che¬
vaux, etc., tantôt à doigts pairs ou Artiodactyles, comme les Hippopotames
et les Porcs, ainsi que les Buminants. Les Eléphantsou Proloseiiiens et les
Homans forment chacun un ordre à part.
Un ordre fort vaste, souvent frugivore, est constitué par les Songeurs,
comme les Bats, les Lapins.
w
332 L'APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE
les appareils urinaires primordiaux de certains Poissons et dans tons ceux
qui leur font suite dans l’ensemble de l’embrancbement.
A l’origine, chez les Vertébrés, ainsi qu’on peut le constater chez certains
embryons, les iules rénaux sont des canalicules transverses, au nombre d’une
paire par segment musculaire, très comparables aux néphridies des Annüides,
maig implantés sur un canal excréteur commun longitudinal, le canal excré¬
teur primaire ou canal de Wolff, qui débouche de bonne heure à l’extérieur.
Au cours de la vie de l’animal, ces canalicules néphridiens se multiplient
irrégulièrement faisant disparaître la métamérisation originelle et, suivant
types considérés, peuvent arriver à former jusqu’à trois orgmes différents
se suivent d’avant en arrière le long du canal commun, apparaissant
îessivement et se remplaçant dans le cours du développement ontogénique.
Ce sont :
1° Le pronépJiros, rein précurseur ou rein céphalique placé très antérieure¬
ment immédiatement en arrière des branchies ;
2° Le mésonéphros, rein primitif ou primordial ou corps de Wolf, médian ;
3° Le métanéphros ou rein définitif, le plus caudal.
Le pronéphros est transitoire chez tous les Vertébrés, le mésonéphros est
l’appareil excréteur définitif des Anamniotes, le métanéphros ne se rencontre
Au lieu d’admettre la succession chez les Vertébrés de ces trois organes
excréteurs différents qui se remplacent les uns les autres, on peut, d’ailleurs,
supposer qu’ils ne sont que les modifications progressives d’un même appareil
rénal primitif ou holonéphros qui possédait une structure semblable dans
toute son étendue.
L’étude du développement ontogénique rend compte, d’ailleurs, de l’unité
fondamentale des divers canalicules rénaux.
Le système urinaire dans son entier provient du feuillet moyen du blasto¬
derme, c’est-à-dire du mésoderme.
Celui-ci est constitué, d’abord, comme on sait, par deux plaques, l’une
. entre lesquelles se trouve chez les Vertébrés en haut
is la corde dorsale. Chacune des plaques forme une partie
ne partie latérale non segmentée,
la plaque latérale. Le segment primitif à son tour donne naissance au seg¬
ment primitif secondaire ou protovertebre et au pédicule du segment primitif *.
Le segment secondaire, son pédicule et la plaque latérale sont continus laté¬
ralement (fig. 222, A) et consistent en une couche cellulaire externe ou soma-
topleure et en une couche cellulaire interne ou splanchnopleure ; entre celles-ci
se poursuit une partie du ccelome.
Les différents canalicules rénaux proviennent du pédicule. Celui-ci, en
effet, pour commencer, se sépare de la protovertèbre et constitue alors un
tube fermé de ce côté, ouvert au contraire dans le ccelome de la plaque laté¬
rale (fig. 222, B).
Deux cas alors peuvent se présenter :
1° Le tube passe directement dans la constitution d’un canalicule rénal
système porte rénal d’origine veineuse et qui jone le véritable rôle excréteur.
Le système artériel n’a d’importance que pour la filtration qui se fait par le
glomérule externe qu’irrigue l’aorte.
Le pronéphros se développe chez tous les Anamniotes, mais ne persiste
Chez les Poissons, il fonctionne pendant les premiers temps de la vie sauf
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT CHEZ LES VERTÉBRÉS 339
grande partie chez les Mammifères supérieurs, Eutbériens ou Monodelpbes
(fig. 226).
même dépasser le volume des reins eux-mêmes.
ÉTUDE SPÉCIALE DE L’APPAREIL URINAIRE
DANS LES CINQ CLASSES DES VERTÉBRÉS
Dans la classe des Poissons, c’est chez les Oyclostomes qu’on rencontre
l’appareil urinaire le plus simple. H est d’abord constitué par un pronéphros
qui fonctionne seul, puis simultanément avec le mésonéphros pendant une
période fort longue et ne disparaît à peu près complètement qu’au moment
de la métamorphose chez les Lamproies.
Chez les Myxines, Poissons parasites marins anguilliformes, . on trouve
antérieurement chez le jeune un pronéphros avec entonnoirs péritonéaux.
Celui-ci, au moment de Information du mésonéphros, se sépare des deux canaux
de Wolff qni s’étendent de chaque côté delà corde dorsale tout du long du
L’APPAREIL URINAIRE :
LA SÉRIE ANIMALE
En règle générale, les deux revus sont placés à la face supérieure de la cavité
générale dans la région rachidienne. Us sont appliqués de chaque côté et en
dessous le long de la colonne vertébrale. A leur face inférieure ils sont plus
ou moins 'complètement couverts par le péritoine et en rapport avec la vessie
natatoire. Us présentent chacun l’aspect d’un ruban de couleur rouge brun,
allongé et étroit, habituellement d’une assez grande étendue. C’est ainsi qu’ils
peuvent s’avancer antérieurement jusque sous la base du crâne et que chez
des'Poissons allongés comme l’Anguille ils peuvent se prolonger en arrière
dans l’arrière-cavité abdominale ou cavité caudale. Par contre, chez les Hippo -
campes ou Chevaux-marins, ils sont relativement courts.
Les deux reins contractent souvent entre eux en différents points, et surtout
en arrière, une union plus ou moins étroite, comme on peut l’observer chez
la Perche par exemple (fig. 228). Le canal primaire du rein primitif reste tou¬
jours simple et forme V uretère généralement situé sur le bord interne du rein.
Les deux uretères droit et gauche se réunissent le plusrsouvent près de leur
terminaison en un conduit unique auquel on donne le nom d'urètre1. Us
peuvent en outre se dilater en un réservoir impair, sorte de vessie qui, bien
entendu, n’a rien de comparable avec celle qu’on observe chez les Allantoï-
diens-. L’orifice excréteur unique se trouve derrière l’anus ; tantôt il est isolé,,
tantôt il est plus ou moins réuni aux conduits sexuels et forme un pore ou est
situé au sommet d’une papille uro-génitale. C’est un caractère spécial aux
Vertébrés inférieurs et opposé à ce que l’on observe chez les Mammifères,
par exemple, que cette disposition des orifices génito-urinaires placés dorsale-
ment par rapport à la fin du tube digestif ou anus;
A noter que chez les Téléostéens les sexes sont très généralement séparés ; '
cependant, dans quelques cas (Serrans), fait unique chez les Vertébrés, il
y a hermaphroditisme.
Chez les Sélaciens, le pronéphros ne fonctionne jamais et reste réduit à
quelques ébauches dans certains segments de l’embryon. Le mésonéphros
est en règle absolue seul fonctionnel, ce qui s’explique par ce fait que ces Pois¬
sons naissent à un état de développement très avancé.
Primitivement segmentaire, comme en témoignent encore les nombreuses
incisures de son bord externe, il ne tarde pas à perdre cette disposition méta-
mérique. Les néphrostomes sont, en effet, moins nombreux que les vertèbres
abdominales correspondant à la cavité viscérale. H y a, d’ailleurs, de grandes
différences suivant les genres, puisqu’on voit ces néphrostomes persister
toute la vie (Aiguillât, Centrophore, Hexanche, Roussette), ou au contraire
disparaître chez l’adulte.
Le mésonéphros se divise, chez les . Sélaciens, en une partie antérieure
étroite et en une partie postérieure plus large. La seconde seule conserve
un rôle urinaire, la première entre en relation chez le mâle avec le testicule.
En effet, tandis que chez les Téléostéens le remal primitif du mésonéphros
reste simple, chez les Sélaciens il se divise, comme on l’a vu, en un canal secon¬
daire et en un canal de Muller. Ce canal secondaire lui-mêine reçoit dans
s Tritons ou Salamandres et
s Vertébrés supérieurs (fig.
histologique, le rein est formé
canalicules urinaires, comme chez la Grenouille par exemple (fig. 232, A)
Cependant chez certains Anoures comme les Disûoglossidés, le conduit séminal
peut être indépendant du rein qui a alors son canal propre, particulier
<fig.232,B).
Chez unEngystomatidé, le Bresiceps, le conduit séminal est unique pour
chaque testicule et tous deux s’unissent pour déboucher dans les reins qui
VERTÉBRÉS
Ce n’est que dans ces
le rôle physiologique de <
fort importante et qui ne
de situation et de dévelo;
CHAPITRE
REIN ET URETÈRE CHEZ L’HOMME
ANATOMIE, EMBRYOLOGIE ET PHYSIOLOGIE
L’appareil sécrétera de l’urine est constitué chez l'homme par deux glandes
paires : les deux glandes rénales dont les deux canaux excréteurs, les uretères,
viennent s’ouvrir dans le réservoir urinaire ou vessie au niveau de la région
appelée trigone.
Les deux reins sont situés dans la région lombaire de chaque côté du rachis
et affectent des rapports importants tant avec la paroi postérieure du tronc
qu’avec les viscères abdominaux.
Les uretères sont deux longs canaux qui traversent successivement les
régions lombaires, iliaque et pelvienne.
J’étudierai successivement le rein puis l’uretère en envisageant tour à
tour la conformation extérieure, les rapports et la structure de ces organes .
Je terminerai par l’étude embryologique qui ne peut être divisée.
LE REIN
ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE
Les deux reins extraits de la cavité abdominale ont grossièrement la forme
d’un haricot : aplatis d’avant en arrière ils présentent une face antérieure
et une face postérieure, un bord externe convexe, un bord interne concave
dans son ensemble et deux pôles arrondis : l’un supérieur et l’autre infé¬
rieur.
Cette forme du rein n’est pas la forme réelle de la glande en place. Celle-ci,
molle sur le cadavre, s’aplatit sur la table d’amphithéâtre, mais considérée
en position vraie sur des cadavres durcis par congélation ou par injection
formolée, elle est un peu différente. His, qui fut un des premiers à faire ces
recherches, a montré que les deux reins et surtout le gauche reposant sur le
diaphragme dam leur moitié supérieure sont un peu incurvés en avant,
URETÈRE CHEZ L’HOMME
On voit que le rapport augmente pendant les premières années jusque
Cette masse rénale est d’ailleurs, comme l’ont montré les physiologistes,
beaucoup plus que suffisante pour la dépuration urinaire.
Caractères du tissu rénal. — Le rein, lorsqu’il est normal et rempli de
sang, est de coloration rouge foncé. Sa résistance est plus grande que celle du
foie et de la rate, cependant il se déchire facilement et on ne peut bien le
suturer qu’en conservant sa capsule propre qui forme un plan d’appui.
Les reins sclérosés sont plus résistants et se suturent bien mieux.
Malgré la résistance plus grande de son tissu, le rein n’en reçoit pas moins
l’empreinte d’organes beaucoup moins consistants comme le foie, la rate
et l’estomac.
La consistance du rein est souvent changée, même dans des processus
pathologiques peu caractérisés : les reins mobiles, les reins des néphrites
hématuriques sont souvent mous et peuvent être pliés en deux, suivant
l’axe transversal.
Le rein vivant est beaucoup plus souple que le rein du cadavre qui se
brise facilement suivant une direction radiée parallèle à l’axe des pvra-
La coloration du rein subit aussi des variations physiologiques : rein con¬
gestionné, violacé, rein anémié pâle, ou pathologiques : gros rein blanc,
petit rein rouge.
Direction et orientation des reins — ISous avons jusqu’ici consi¬
déré les reins sortis du ventre et nous leur avons distingué une face anté¬
rieure et une face postérieure, mais le rein en place présente une autre
orientation : appliqué sur le flanc du rachis, son plan frontal devient oblique
en arrière et en dehors de telle sorte que la face antérieure est en réalité
antéro-exteme et la face postérieure postéro-inteme. Cela est surtout vrai
chez l’adulte tandis que chez l’enfant, le rein, relativement beaucoup plus gros
et plus bombé, remplit toute la fosse lombaire et ses deux faces sont à peu
près antérieure et postérieure.
Chez l’adulte l’angle moyen que forme le plan du rein avec le plan frontal
est de 45°. D’après Luschka le plan des deux reins prolongés forme un angle
ouvert en arrière de 60° à 80°.
Il faut prendre certaines précautions pour bien juger de la situation nor¬
male du rein. Ainsi à l’ouverture simple d’un cadavre, les reins glissent en
bas et en dehors. Il faut fixer les reins à l’aide de longues aiguilles ou mieux
procéder à des coupes sur sujets congelés ou formolés.
Outre cette obliquité sur le plan frontal, les deux reins sont obliques de
haut en bas et de dedans en dehors de telle sorte que leurs extrémités supé¬
rieures sont plus rapprochées que leurs extrémités inférieures (5 à 6 centimètres
D’après. Greig Smith, les axes des deux reins prolongés se coupent suivant
un angle de 40° à sinus inférieur. Volkow et Delitzine ont trouvé seulement
dans 3 cas un angle de 13°, 25° et 27°.
Topographie
l’aponévrose fessière.
Le tissu cellulo-adipeux une fois enlevé, on tombe sur une première couche
musmdo-aponéwoUgue : c’est l’aponévrose lombaire épaisse, résistante et
nacrée et les deux musdes grand oblique et grand dorsal. De faibles adbé-
•GRAPHIQUE
TOPOGRAPHIQUE
nas prépariétàl et so
profonde, l’autre suj
ANATOMIE. TOPOGRAPHIQUE
i? 11
iwî
i nu
asidérable
REIN ET URETÈRE
L’HOMME
pyramides du pôle supérieur et du pôle inférieur et une longue bande de
tissu cortical.
Si l’on fait 2 coupes parallèles à la première, une en avant, l’autre en
arrière, on sectionne ainsi les 2 séries de pyramides antérieure et postérieure.
Si nous examinons une série de coupes horizontales nous voyons ordinaire¬
ment 2 séries de pyramides : l’une antérieure plus grosse, l’autre postérieure,
plus petite, subdivisées en pyramides secondaires : exceptionnellement 1
peut y avoir une 3e pyramide, mais elle se rattache à l’un des deux systèmes
antérieur ou postérieur. Au niveau des pôles l’aspect de la coupe est diffé¬
rent; les pyramides se rangent tout autour du sinus pour aboutir à la papille
supérieure. On peut voir également la disposition des pyramides sur la série
de nos coupes sagittales.
De tout ceci il faut conclure que les pyramides sont orientées à la partie
moyenne par rapport aux faces du rein en série antérieure et série postérieure
et au niveau des pôles en 2 bouquets composés répondant aux extrémités
des 2 grands calices.
La zone corticale. — n est facile de comprendre la disposition du tissu
cortical, quand on connaît celle des pyramides. Le tissu cortical remplit
tout l’espace compris entre la base des pyramides et la surface du rein ;
en outre il comble tout l’espace compris entre les pyramides jusqu’au sinus,
enfin il pousse des prolongements entre les pyramides simples insérées sur
une même papiüe.
On appelle colonnes de Bertin primaires les régions comprises entre les
pyramides et qui apparaissent dans le sinus sous forme de bourrelets, que nous
avons décrits. On appelle colonnes de Bertin secondaires les prolongements
qui s’enfoncent entre 2 pyramides sans atteindre le sinus.
En général il existe une colonne de Bertin principale qui court dans le
plan médio-frontal entre la série antérieure et la série postérieure des pyra¬
mides. Perpendiculairement à eelle-ei il existe une série de colonnes primaires
qui séparent l’une de l’autre les pyramides de ces 2 séries et les 2 pyramides
Ordinairement il existe à mi-hauteur du rein une saillie plus marquée qui
tend à séparer le rein en deux moitiés et qui subdivise le sinus.
Les. colonnes de Bertin sont plus larges du côté du sinus et se rétrécissent
au niveau de la base des pyramides où elles sé continuent avec lè reste de.
Les colonnes de Bertin secondaires s’enfoncent plus ou moins entre les
pyramides primaires, elles sont plus larges à la périphérie qu’à leur som¬
met qui se termine en pointe.
Divisions du tissu rénal dans la pyramide. — Sur une coupe frontale
la pyramide apparaît formée de 2 zones bien distinctes : la zone interne plus
claire ou zone papillaire et la zone externe ou limitante plus foncée : cette,
division a été bien indiquée depuis longtemps par Ludwig.
1“ Zone ■papillaire. — Elle répond à la papille rénale et présenté une
hauteur de 6 à 8. millimètres. Sur une coupe elle présente des stries peu
son glomérule. On peut appeler lobnlin rénal
le système formé par un tube excréteur avec
les systèmes urinipares qui lui sont appendus.
Le lobe rénal a pour centre la pyramide de
MalpigbL
Le lobule rénal : la pyramide de Ferrein.
Le lobnlin rénal : le tube excréteur.
bassinet ou pelvis.
Beprenant la description en sens inverse, en partant de l’uretère, suivant
l’ordre du développement je décrirai d’abord le bassinet, puis les grands et les
petits calices.
H
tm / m
1
J
WT w A
4f 1 ' ■
mm
/) Le groupe aortique que la plupart des auteurs considèrent comme
gagner la capsule adipeuse.
g) Le groupe diaphragmatique est formé par la branche de la capsulaire
supérieure qui se jette dans l’are exo -rénal.
Ces différents groupes vasculaires s’anastomosent dans l’épaisseur de b
capsule adipeuse : l’arc exo-rénal n’est que la principale de ces anastomoses.
terminales. — A une distance variable de son origine qui est en
Branches
polaire supérie
s pré et rétro -pyéîiques
; artèri* pré-pyéliques
Cependant et malgré le témoignage apporté par des hommes comme
Crtjveilhier et ChÆPY, il apparaît comme certain que les artères du rein
sont bien terminales. C’est là un point si important de l’anatomie de la glande
Depuis longtemps Hyrtl avait montré que les artères du rein ne s’anasto¬
mosent ni autour ni à la base de la pyramide. 31 fondait son opinion sur des
pièces obtenues par corrosion. Nous donnons ici la reproduction d’une de ces
pièces.
C’est l’opinion soutenue par beaucoup d’anatomistes allemands comme
Disse, Golubew, etc.
Béraud et Destot en 1897 ont montré à l’aide de la radiographie la termi-
aalité des artères du rein et ont confirmé leurs conclusions par de nouvelles
454 REIN: ET URETÈRE CHEZ L'HOMME
Ainsiles glomérules sont attachés à l’artère radiée par un court pédoncule
comme des pommes à une branche.
Chaque artère interlobulaire fournit à 3 lobules voisins au moins. H y a donc
peu d’individualité dans le lobule rénal puisqu’il reçoit ses glomérules de
plusieurs artères.
Les artères radiées présentent parfois quelques rameaux qui ne sont pas
chargés d’un glomérule et qui se divisent simplement dans le labyrinthe.
La plupart se_terminent sous la capsule du rein. D’autres, beaucoup plus
rares, perforent cette capsule et se mettent en rapport avec les artères de la
capsule graisseuse.
La couche de tissu rénal qui avoisine immédiatement la capsule ne contient
pas de glomérules.
îï!!!:
URETÈRE CHEZ L’H
Contrairemént aux artères homologues, les veines arquées reçoivent des
branches par leurs deux faces : par leur face convexe les veines corticales, par
leur face concave les veines médullaires.
2° Les veines de Vécorce. — Les veines collectrices de l’écorce sont les
veines interlobulaires ; elles sont de deux sortes :
a) Les unes naissent sous la capsule d’une de ces formations étoilées
appelées étoiles de Yerheyen. Ce ne sont pas les plus nombreuses. Les
LES VAISSEAUX
! calice de ]
: péripapillaires.
(groupe
1» Vaisseaux profonds, satellites des vaisseaux du rein :
a) Groupe antérieur : ganglions situés en avant de la, veine cave
jnxta-aortique droit) ;
&) Groupe postérieur : ganglions situés derrière la veine cave sur le pilier
droit du diaphragme.
2° Vaisseaux superficiels capsulaires :
a) Groupe supérieur : ganglion situé près du pôle supérieur, derrière la
J) Groupe moyen : ganglion rétro-cave ;
e) Groupe inférieur: ganglion situé derrière le hile.
A gauche:
1° Vaisseaux profonds.
D’Evant a signalé de nombreux renflements ganglionnaires sur le trajet
des plexus péri-artériels, rarement sur le trajet des plexus péri-canalieu-
hm
la paroi pelvienne.
Dans le plan sagittal l’uretère présente 3 courbures : à l’origine dans la
région lombaire supérieure suit la saillie des vertèbres. Au niveau de la
région sacro-iliaque, l’uretère franchit les gros vaisseaux et décrit une courbe
à concavité postérieure. Enfin dans le petit bassin l’uretère décrit un arc à
concavité antéro-supérieure.
Ces différentes courbures se combinent entre elles : ainsi dans le bassin la
direction générale dé l’uretère est concave en baut, en avant et en dedans.
Le changement de direction le plus marqué se fait au niveau des gros vais-
î qu’à gauche.
e autre différence du sexe féminin, c’est le trajet plus complexe de
ère pelvien. H décrit deux courbes successives : l’une pariétale, concave
.m — REIN JET UfLEXÉRE CHEZ L’HOMME
• Divisions de l’deetèee. — H est- d’usage de décrire à l’uretère trois
segments : lombaire, iliaque et pelvien. Cette division, qui est fort naturelle
mérite d’être conservée : quelques auteurs ont supprimé le segment iliaque
rattachant sa moitié supérieure au segment lombaire et sa moitié inférieure
au segment pelvien ; le segment iliaque a une existence propre, des rapports
particuliers, une voie d’abord spéciale : il vaut mieux toutefois l’appeler
segment sacro-iliaque, car c’est surtout sur l’ailéron du sacrum que repose le
conduit urétéral.
J’étudierai les.rapports.de l’uretère dans chacune de ces trois régions.
1° Région lombaire. — Il convient d’abord de préciser le plan dans lequel*
est logé l’uretère par rapport au péritoine.
L’uretère est situé sous le péritoine dans une gaine spéciale formée par
deux feuillets sous-péritonéaux qui sont la continuation des feuillets pré et
rétro-rénaux et qu’on peut appeler feuillet pré-urétéral et feuillet rétro-uré¬
téral. Cette gaine très large, où l’uretère est très mobilisable, ne doit pas être
confondue avec la gaine vasculaire de l’uretère qui n’est autre chose que la
lame de tissu conjonctif contenant les vaisseaux urétériques et entourant
l’uretère. Or les deux feuillets pré et rétro -urétéraux sont soudés l’un à
l’autre de part et d’autre de l’uretère et le feuillet pré-urétéral renforcé par
les fascias d’accolement du méso -côlon ascendant à droite, descendant à
gauche, est adhérent au péritoine.
Quand on a incisé la paroi musculaire en arrière de l’uretère, le doigt
tombe dans le tissu celluleux rétro-urétéral et refoule en avant le péritoine et
l’uretère avec les deux feuillets pré et rétro-urétéraux. Il se passe ici la même
chose qu’au niveau du rein qui est refoulé en avant avec toute sa capsule
C’est ainsi qu’on a pu dire que l’uretère adhère au péritoine, ce qui est prati¬
quement vrai mais anatomiquement faux : il suffit d’inciser le feuillet posté¬
rieur de la gaine de l’uretère pour voir que ce conduit n’adhère pas à la séreuse.
Dans la région lombaire l’uretère chemine ainsi dans sa gaine entre le plan
musculaire et le péritoine, sous lequel il fait une saillie bien visible sur le
vivant sauf chez les sujets gras oh le tissu adipeux le cache à la vue. En ar¬
rière l’uretère repose donc sur le psoas iliaque, assez près de ses insertions
aux corps vertébraux : il croise le tendon du petit psoas qui renforce en avant
la gaine aponévrotique du psoas iliaque. Plus profondément l’uretère répond
aux apophyses costiformés et enfin à la masse sacro-lombaire. Entre le psoas
L’URETÈRE
inférieur du rein mais bien derrière Effet l’on voit souvent une sorte d’em¬
preinte ou de légère gouttière marquée sur le parenchyme rénal par le trajet
du conduit.
On a décrit un véritable méso réno-urétéral. Cette formation n’a rien de
spécial : entre le rein et l’uretère les feuillets pré et rétro-rénal s’accolent
avant de venir engainer l’uretère : entre eux il y a un peu de tissu cellulaire
contenant des veinules et des lymphatiques : en tirant un peu le rein en dehors
on tend cette lame réno-urétérale.
Au-dessous du rein le bord externe de l’uretèrè longe le bord interne des
côlons.
A droite le rapport est intime : le côlon ascendant est plus gros et il est
prérénal. Quand il est distendu il peut venir recouvrir l’uretère,
A gauche le côlon descendant est loin de l’uretère, il est toujours moins
volumineux et son trajet est pararénal.
En avant l’uretère est séparé du péritoine par un certain nombre d’organes
sous-péritonéaux.
C’est d’abord le duodénum à droite qui, -par son segment vertical pré¬
rénal descendant jusqu’à la quatrième lombaire,1 cache la partie supérieure de
l’uretère droit. A gauche la quatrième . portion et l’angle duodéno-jéjunal
peuvent recouvrir l’uretère, mais ils restent souvent en dedans de lui.
Ce sont ensuite deux plans vasculaires :
lo Plan des vaisseaux spermatiques ou.utéro-ovariens : le plus postérieur.
Dans sa descente la glande sexuelle entraînant ses vaisseaux croise par-devant
l’uretère qui monte à la région lombaire.
Les artères spermatiques d’origine aortique croisent l’uretère à la même
hauteur des deux côtés en regard de la troisième eôstiforme.
Les veines au contraire sont asymétriques. La droite qui va à la veine
cave inférieure suit l’artère homonyme, et croise l’uretère au même point.
La gauche qui se rend à la veine rénale a un trajet vertical, longe l’ure¬
tère sur une certaine longueur et le croisé seulement tout près de son origine.
2° Plan des vaisseaux de l’intestin :1e plus superficiel. L’accolement des
méso-côlons à la paroi abdominale postérieure applique les vaisseaux côliques
au-devant de l’uretère sous le péritoine. Ces vaisseaux sont asymétriques.
A droite l’artère côlique droite ou branche droite de la mésentérique supé¬
rieure croise seule l’uretère, accompagnée de la veine homologue. Ce croisement
se fait à la partie inférieure de la région lombaire (4e lombaire).
A gauche les rapports sont plus compliqués. Le tronc de la mésentérique
supérieure né au niveau de la 3e lombaire descend obliquement en dehors
et finit par atteindre l’uretère au bord inférieur de la 4e lombaire tout en
restant en dedans de lui.
La grosse veine mésentérique inférieure qui l’accompagne glisse entre elle
et l’uretère, mais remonte beaucoup plus haut presque jusqu’à l’origine de
l’uretère pour aller rejoindre la veine splénique.
A la hauteur de la 4e lombaire l’artère mésentérique donne l’artère côlique
gauche dont le trajet d’abord ascendant vient couper la face antérieure de
l’uretère : elle est accompagnée d’une grosse' veine côlique gauche.
2° Portion sacro-iliaque. — L’uretère repose sur l’aileron
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ordinairement à distan
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un
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longitudinaux et les antres circulaires si
conciles isolées. Ces fibres s’entre-croisent
la vessie. Les faisceaux longitudinaux
l’épitbélium et à la périphérie de la paroi; les
puisse distinguer dem
comme les muscles d
ilongitudi
. distinctes.
URETÈRE
ii mm
ilïïii
sqnels débouche
L'URETÈRE
veillé capsulaire i
grande azygos formée par la-
lombaire ascendante perfore
le diaphragme à ce niveau
derrière la glande, ainsi quele
grand sympathique lombaire,
sul-de-sac pleural.
réno-diaphragma
ne paraissent pa
iPSULES SURRÉS
m
URETÈRE CHEZ L’HOMME
La graisse est caractéristique de la corticale surrénale : on la retrouve chez
tous les vertébrés, d’où le nom de substance lipogène donné à la substance
corticale par Lagtjesse.
Cette graisse remplit des alvéoles de la cellule que Geieysse pensait
remplis de liquide. Il y a deux espèces de graisse : une graisse ordinaire indélé¬
bile, colorée en noir par l’acide osmique et une graisse labile colorée en bistre
par l’acide osmique (Mtjlon) et qui se dissout facilement dans le xylol, le
baume du Canada, etc.
substance qui est d’abord indélébile et devient ensuite labile (Bernard
etBlGAED).
Or cette substance présente les caractères chimiques des lécithines. Cette
graisse serait donc une lécithine ou tit>a substance riche en lécithine.
Le 'pigment signalé par Geandey et Stilling se trouve surtout dans la
couche interne ou réticulée. Très important pour certains auteurs (MuloN)
il n’èst qu’un élément secondaire pour d’autres (Diahaee, BonnamoüR,
Beenabd et Bigaed) ; il n’existe pas constamment; d’après Diamare, ü
n’est même pas normal chez l’homme, mais ne s’y trouve qu’à l’état séulle
ou pathologique.
Il se présente sous la forme de taches ocre ou bistre qui tantôt sont isolées
et tantôt réunies en amas.
Son origine est inconnue, lltioy, Diamaee et BosîtAMOPH pensent qu’il
a des liens de' parenté avec la graisse. Pour MuLOït sa formation est liée à la
destruction des toxines.
inféro-inteme de la glande.
Ces trois artères sont assez constantes : la surrénale inférieure est celle qui
peut manquer le plus souvent : elle peut être remplacée par un rameau per¬
forant issu du parenchyme rénal.
Plus souvent on observe des artères surrénales supplémentaires. La dia¬
phragmatique peut donner plusieurs rameaux. Il peut aussi y avoir plusieurs
branches aortiques.
Anormalement des capsulaires peuvent provenir de la spermatique (cas
fréquent), des lombaires, du tronc cœliaque, de la mésentérique supérieure.
Les artères forment à la périphérie de la glande un réseau assez serré situé
dans la capsule fibreuse, réseau à larges mailles anastomosé avec le réseau
sous-diaphragmatique et celui de la capsule adipeuse du rein.
Du réseau péricapsulaire partent des branches qui sont de deux sortes :
1° Artères courtes ou corticales qui pénètrent dans la substance corticale,
518 REIN ET URETÈRE CHEZ L’HOMME
des ganglions sympathiques de cellules spéciales que Soulié a appelées
cellules parasympathiques. Ces cellules en proliférant forment des cordons
irréguliers qui se mettent en rapport avec l’ébauche corticale et Tout la
pénétrer.
3” Pénétration des deux établies. — Les deux ébauches complètement
séparées chez les vertébrés inférieurs, accolées dans les espèces plus élevées,
se pénètrent complètement chez les mammifères.
L’ébauche parasympathique s’enfonce au centre de l’ébauche corticale.
PHYSIOLOGIE RÉNALE
Par le Dr AMBARD
. Le lecteur trouvera la physiologie rénale dans deux volumes successifs
de cette encyclopédie. Le plan de l’ouvrage et la clarté de l’exposé ont néces¬
sité cette division. Il convenait, après avoir exposé dans le premier volume de
l'ouvrage l’anatomie et l’histologie du rein, de donner un aperçu de l’usage
de ses diverses parties. Mais il suffisait de le traiter d’une manière générale
à la manière des traités de Physiologie. Dans le second volume qui concerne
spécialement l’exploration des fonctions rénales il convenait de rappeler au
lecteur ce que la physiologie nous donnait d’utilisable au point de vue cli¬
nique. Nous devions donc dans ce volume serrer de très près les données
physiologiques expérimentales et par conséquent reprendre à un point de vue
pratique ce qui n’avait été envisagé qu’à un point de vue doctrinal. Nos
deux chapitres de physiologie ne feront’ donc pas double emploi. Dans
le premier volume, nous exposerons les problèmes généraux de la physiologie
rénale, dans le second volume nous ferons un bilan de ses acquisitions.
Sous leur multiplicité apparente, les divers problèmes qui ont été envisagés
dans la physiologie rénale se résument en définitive en trois problèmes
principaux : 1° le rein est-il une glande ou un filtre ; 2° quel est le rôle du
système nerveux ou de la composition du sang dans la sécrétion rénale ;
3° quel est le rôle respectif des glomérules et des tubes.
On peut dire que le premier de ces problèmes a passionné tous les auteurs
depuis 1840 jusque vers 1895. Cette passion a son origine dans l’esprit
même avec lequel les expérimentateurs ont abordé l’étude du rein. Etait-on
vitaliste % il fallait démontrer que le rein était une glande ; était-on méca¬
nicien % il fallait démontrer qu’il était un filtre. On opposait ainsi la biologie
à la physique à l’occasion du rein comme on l’opposait à propos d’ailleurs de
beaucoup d’autres organes. Mais pour le réin la lutte fut plus chaude que pour
n’importe quel autre organe, car la sécrétion rénale apparaissait simple à
La différenciation sexuelle des organes dérivés du tubercule génital com-
mence vers la neuvième semaine.
Chez le fœtus mâle, le tubercule génital augmente de longueur et de volume;
il forme la portion pénienne et balanique de la verge, tandis que les bourrelets
• -J- - Tière avec le périnée abaissé, forment les
bourses. Les bords de la
lets latéraux demeurent
indépendants de chaque
côté de la gouttière uro¬
génitale et forment les
grandes lèvres.
Dans certaines no-
cbez la femme, formeront les petites lèvres et, chez l’homme, en s’unissant
ils formeront l’urètre, tandis que les bourrelets génitaux sont plus externes
ceux-là mêmes signalés plus haut, qui forment les grandes lèvres chez la
femme et le scrotum chez l’homme. Les termes de plis génitaux internes et
de plis génitaux ext '
V. La vessie est tapissée par l’épithélium cloacal endodermique, qnij à
partir de la fin du 1er mois, augmente rapidement de volume ; elle est abdo¬
minale ; plus tard elle descend et acquiert sa situation pelvienne définitive
vers la fin de la 2e année. Le segment supérieur de l’ouraque s’oblitère
vers le 5e mois ; son segment inférieur persiste et s’ouvre dans la vessie.
Les artères ombilicales s’oblitèrent de haut en bas (Ch. Robin) dans lècou-
• rant du 11e mois.
?emï
L 'orifice urétral on méat vésical de l’urètre présente en général l’aspect
d’un hiatus transversal, quelquefois d’un orifice circulaire ; c’est le point
déclive et fixe de la vessie ; sa lèvre postérieure est quelquefois saillante et
forme la luette vésicale.
Les deux orifices urêtériques affectent l’aspect de petites fentes, parfois
a gauche
Connexions immédia¬
tes. _ Moyens de fixité.
— La vessie est solidement
fixée par sa base, rattachée
' ’ paroi abdominale an-
M
transversalis
cernent vers le haut du cul-de-sac prévésical : après incision des plans mus-
culo-aponévrotiques, on plonge l’index dans le bassin, au ras de la symphyse
et, avec le doigt, on refoule vers l’ombilic la graisse prévésicale ët le eul-de-sac
péritonéal.
b) Régions latérales. — La face antérieure de la vessie pleine, dans sou
segment abdominal rétro-pariétal, ne se met pas seulement en rapport avec
les plans de la ligne médiane et de la région paramédiane ; lorsque le réser¬
voir urinaire est distendu, le segment de la face antérieure qui confine à la
face latérale entre en rapport aussi à droite et à gauche avec lés régions du
canal inguinal et de l’anneau crural, si intéressantes par la diversité des her¬
nies qu’on y rencontre. Sous allons les rappeler sommairement.
La ligne qui sépare ces deux régions l’une de l’autre est l’arcade crurale,
oblique en bas et en dedans vers l’épine pubienne, à laquelle elle se fixe. Au-
dessus est la région inguinale, portion basse de la paroi abdominale daté-
iifïifi m
inférieure ou base de la vessie est, avec la face antérieure, la partie la plus
intéressante du réservoir urinaire au point de vue de l’anatomie pratique, eu
raison de ses connexions avec la prostate, les vésicules séminales, le canal
déférent et, plus loin, le rectum.
On la subdivise en deux régions. L’une antérieure et inférieure, prosta¬
tique, dite quelquefois région du col de la vessie. L’autre postérieure et
supérieure, vésiculo-déférentiellè, dite quelquefois région du bas-fond vési¬
cal.
Elle répond à son centre au trigone, mais en déborde les limites notable¬
ment, surtout en haut et en arrière. Le triangle du trigone forme comme un
triangle plus petit, inscrit dans le triangle de la face basilaire de la vessie, les
aut et en arrière, l’angle intervésieulo-séminal.
pparaît à la base au-dessus du point de pénétration de
I la i
petite artère venue de la honteuse interne correspondante; c’est
elle que ce tronc artériel périnéal prend part à l’irrigation de la vessie,
honteuse interne est plaquée contre la branche isehio-pubienne, avec
veines et le nerf honteux, dans l’épaisseur du plancher uro-génital: pour
aborder la vessie, la vésicale antérieure ascendante est donc obligée de perforer
le feuillet supérieur du plancher uro-génital, quelquefois le releveur près de
son bord antérieur, et de monter dans le bassin au-devant de la prostate.
.
tllf
STRUCTURE DE LA VESSIE 583
ont pu se rendre compte que la vessie occupe cette situation seule¬
ment quand elle est dilatée: elle fait alors saillie sur la paroi abdominale,
à droite ou à gauche de la ligne médiane. Au contraire, quand elle est vide,
elle se cache derrière la symphyse.
Vessie pendant l’accouchement. — Pendant l’accouchement, si la
tête n’est pas engagée, une petite quantité d’urine reste derrière la sym¬
physe, occupe la ligne médiane et déborde peu l’arc pubien.
ilais quand la tête s’engage, la- vessie quitte la ligne médiane, se porte laté¬
ralement et plus souvent à droite. Le degré de latéralité de la vessie n’est pas
toujours le même pour les phases correspondantes de l’accouchement. H
dépend aussi du volume de la partie engagée, de la grosseur de l’enfant, de
l’épaisseur des parois vésicales et de la quantité d’urine.
ire plus épaisse vers la
plus pâles ; une eouch
longitudinale interne
interne, profonde, plexifm
ui n’apparaît que elles l’adi
faisceaux hypertrophiés di
Ces descriptions sont, on le conçoit, toutes artificielles. X
plans musculaires de la vessie envoient entre eux des anastona
îiiii
; des plexus
IV
PHYSIOLOGIE
La vessie reçoit Farine des reins par les uretères et la rejette au bout
d’un temps variable par l’urètre. L’acte par lequel l’urine est expulsée de
la vessie est la miction. îsTous étudierons la physiologie vésicale avec
quelques détails, en vue surtout des applications pratiques qui en découlent.
Accumulation de l’urine dans la vessie. — L’arrivée de l’urine dans
la vessie ne se fait pas goutte à goutte, bien que la sécrétion rénale soit
continue et Blaxdin a le premier bien montré que cet écoulement- auto¬
matique est intermittent : une goutte fous les quarts de minute environ,
CHAPITRE IV
PROSTATE
EMBRYOLOGIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Par les D» Henri R1EFFEL ef Pierre DESCOMPS
STRUCTURE
Par le Dr AUBARET
EMBRYOLOGIE (Voir p, 527).
II
ANATOMIE
Définition. — La prostate est an organe glanduleux, annexé à l’urètre
masculin, qu’elle entoure dans son segment pelvien initial; celui-ci porte, de
ce fait, le nom d’urètre prostatique. Constituée essentiellement par des Bour¬
geons glandulaires issus de l’urètre, elle forme un organe de texture com¬
plexe, qui est le centre d’une région appelée région prostatique. C’est une
formation qui se rattache à l’appareil génital, qui suit l’évolution de tout
cet appareil et qui, en particulier, se modifie avec l’âge.
Après l’avoir étudiée chez l’adulte, ü faudra l’envisager chez le nouveau-né,
à la puberté, et enfin chez le vieillard.
I. — PROSTATE CHEZ L’ADULTE
Description. — Situation. — La prostate est située dans la partie antéro-
inférieure du bassin, en arrière de la partie inférieure de la symphyse pubienne,
au-dessus du périnée mais à son contact, au-dessous de la vessie, au-devant
Se Tâtnpoule rectale.
Forme et configuration extérieure. — Elle a la forme d’un cône ren¬
versé, à sommet inférieur, aplati d’avant en arrière. H est classique de la
comparer, depuis Winslow, à un marron' d’Inde, mais il est commode de la
ramener à une forme schématique géométrique et c’est ainsi qu’on lui décrit
en général : une face supérieure élargie ou base ; une face antérieure ; deux
riîri
STRUCTURE DE LA PROSTATE
sième et quatrième paires et de l’anastomose qui les unit. Ces dernières se
dirigent d’arrière en avant-, parallèlement au plexus hypogastrique en dehors
duquel elles sont situées ; elles sont, dans leur trajet, intermédiaires aux
fibres myéliniques vésicales, qui sont en avant, et aux fibres rectales, qui sont
en arrière. BEes arrivent ainsi, portées en grande partie par les aponévroses
sagittales, au plexus nerveux qui entoure la prostate et qui, formé par la
réunion de ces diverses catégories de fibres convergentes, est appelé plexus
prostatique.
Sur ce plexus, on a signalé des ganghons : gahghon de MuUer, ganghon
de Beinert.
Du plexus prostatique partent des rameaux qui pénètrent dans la prostate
et s’y distribuent.
II. — PROSTATE CHEZ L’ENFANT
La masse prostatique a la forme d’un fer à cheval à concavité antérieure
et inférieure : eUe n’entoure pas encore complètement l’urètre et la face
antérieure de ce canal est Ebre.
III. — PROSTATE CHEZ LE PUBÈRE
Au moment de la puberté, la masse glandulaire se développe en même
temps que les testicules et l’ensemble du tractus génital : les culs-de-sac
des glandes prostatiques s’accroissent, écartent les éléments du stroma, la
masse glandulaire grossit à droite et à gauche et s’avance surtout en bas,
vers le périnée, au-devant de l’urètre.
IV. — PROSTATE CHEZ LE VIEILLARD .
Vers 50 ans, au contraire, c’est le stroma qui prend un plus grand dévelop¬
pement et entraîne une hypertrophie de la masse prostatique. Il ne faut pas
confondre cette hypertrophie sénilej interstitieHe, avec l’adénome de la
glande, formation néoplasique développée aux dépens de la portion glandu¬
laire. On admet aetueHement, rappelons-le, que cet adénome siège presque
toujours daug les glandes urétrales supérieures, intra-sphinctériennes, et non
dans la prostate elle-même.
III
STRUCTURE
fgÈÊb,
A mesure que la glande tubuleuse primitive s’<
secondaires se sont garnis de bourgeons épit
véritables acini glandu-
Iaires-Aussiladiseussion g, . - ^
entre les partisans de la 4
cens de la disposition t- • •
alvéolaire est-elle plus .fit
% j . *'> . ..
rlf
de jonction dite angle sous-pubien ou mieux angle périnéal de l’urètre.
C’est à la jonction des deux dernières portions que se trouve la courbure
•dé jonction dite angle prépubien ou mieux angle pénien de l’urètre, répon¬
dant à l’insertion sur la verge du ligament suspenseur.
L’urètre décrit donc une double courbure; il a la forme d’une S renversée,
ses deux courbures étant orientées en sens inverse. La courbure postérieure,
qui a pour sommet l’angle périnéal, regarde en haut et en avant. La cour¬
bure antérieure, dont le sommet répond à l’angle pénien, regarde en bas et
en arrière. De ces deux courbures la postérieure est relativement fixe, l’anté¬
rieure est au contraire mobile et s’efface au cours de l’érection ou lorsqu’on
élève la verge.
En somme l’urètre présente successivement trois segments au point de vue
topographique : segment pelvien, segment périnéal, segment pénien.
Terminaison. — Le méat urinaire, où se termine normalement l’urètre,
est situé à l’extrémité de la verge, renflée en une masse érectile volumineuse,
le gland ; il présente une orientation variable selon les sujets, mais, d’une
manière générale, occupe le pôle antérieur du gland.
Configuration extérieure. — Le canal de l’urètre dans sa première
portion (3 centimètres) est entouré par la prostate, en sorte qu’il fait partie
URÈTRE CHEZ L’HOMME 635
s’ouvrir non au sommet du gland mais à sa partie inférieure. Enfin, parfois,
a ne se continue avec l’urètre qu’à sa partie inférieure et le déborde en
La fente de l’urètre est encore verticale à la coupe dans toute l’étendue
du gland : cependant, vers la base du gland, à la partie inférieure de cette fente
verticale on voit apparaître nne fente horizontale, d’où la forme d’un T ren¬
versé (i) que présente l’urètre à ce niveau.
Peu à peu cette fente horizontale augmente, la fente verticale disparaît ;
si bien que, dans la portion pénienne, l’urètre ne sera représenté à la coupe
que par une simple fente horizontale.
Au niveau du périnée superficiel, en particulier du bulbe, les deux lèvres sont
écartées par du mucus, la fente transversale devient un ellipsoïde aplati,
ou une sorte de losange à grand axe transversal.
Au niveau du périnée moyen et du périnée profond, c’est-à-dire de la
portion membraneuse, l’urètre prend la forme d’une fente circulaire : cela par
Au rétrécissement de la portion membraneuse fait suite la dilatation pros-
Enfin l’urètre se termine par un dernier point rétréci, répondant au col
de la vessie.
En résumé l’urètre présente quatre segments rétrécis : le méat balanique, la
portion pénieune, le collet du bulbe, le méat vésical ; et trois segments dilatés :
la fosse naviculaire, le cul-de-sac du bulbe, la dilatation prostatique.
La portion de l’urètre qui est située entre le rétrécissement du méat bala¬
nique et le rétrécissement périnéal du collet du bulbe, ou rétrécissement de
l’urètre membraneux, porte le nom d’urètre antérieur; elle répond à l’ürètre
pénien et à la majeure partie de l’urètre périnéal, en somme à l’urètre spon¬
gieux. La portion qui es£ située au-dessus, c’est-à-dire entre le rétrécisse¬
ment du collet du bulbe, ou de l’urètre membraneux, et le rétrécissement
du méat vésical, porte le nom d’urètre postérieur ; elle répond en majeure
partie à l’urètre pelvien, c’est-à-dire à l’urètre prostatique. Cette distinction
est très importante en pathologie urétrale.
On donne quelquefois le nom d’urètre antérieur à l’urètre uro-génital
sous-montanal et celui d’urètre postérieur à l’urètre urinaire sus-montanal,
le premier dérivé du sinus uro-génital, le second du bourgeon génital (voir
p. 530). Ce point de vue embryologique ne doit pas être confondu avec le
s fibres musculaires transversales pré-urétrales.
confondre avec l’aponévrosê qui tapisse la face
isceaux les plus antérieurs du releveur ; ces faisc
s l’interstice des dein
pelviens pré-urétro-;
L’HOMME
. Pathologiquement, de nouvelles modifications -sont apportées à l’urètre
du vieillard par les troubles de l’hypertrophie prostatique : déformations
variables suivant le lobé hypertrophié, entraînant d’une part une couâure
dans le sens transversal, ou plus souvent une eoüdure de la paroi postérieure
l’urètre prostatique et de l’urètre membraneux de l’homme.
Ï1 est oblique en bas et en avant, presque vertical, plus vertical que le vagin
dont il suit du reste les divers mouvements. H est presque rectiligne : durant
la grossesse il décrit une courbe à convexité postérieure. H mesure en
moyenne 30 millimètres, avec des chiffres extrêmes de 25 millimètres et de
50 millimètres.^ Son calibre est de 8 millimètres, mais il est très ddatabte,
qui lui donne un aspect fuselé.
Le méat interne, circulaire, est immédiatement suivi d’une courte portion
transvésicale ou intra-pariétale de l’urètre, l’ensemble constituant ce que l’on
pourrait, comme chez l’homme, appeler le col vésical. Ce méat se projette
épithélium caractéristique
cuité, elle offre d<
qui s’effacent qua
conduit est dilaté
épithéliu
stratifié.
disposé
rficielle, de l’épithéüu
at, l’épithélium <
cellulaire la plus
immmm iiiitii
STRUCTURE
URÈTRE
C’est le sphincter strié de l’nrètre qui joue an moment de: l'éjaculation le
rôle capital ; fortement contracté, il se relâche et aussitôt le sperme sons
tension s’échappe au dehors. Il est projeté avec d’autant plus de puissance
que les muscles lisses ont donné aux liquides accumulés une plus haute tension
et que le canal est plus largement ouvert. Mais ce relâchement du sphincter
est intermittent, à peine relâché il se contracte à nouveau, pour se relâcher
encore aussitôt : d’où le rythme imposé au jet spermatique dans son pas¬
sage par saccades à travers l’anneau contractile sphinctérien. Le bulbo-
caverneux,dit « aceelerator urinœ et seminis», ne joue qu’un rôle très acces¬
soire ; il est, comme les ischio-caverneux, un compresseur du tissu érectile
qu’ii recouvre.
L’intégrité anatomique du segment prostatique de l’urètre est nécessaire
pour que l’éjaculation se fasse dans des conditions favorables.
Les. nerfs sensibles de ce segment de l’urètre sont les voies centripètes
du réflexe. Le centre éjaeulateur est situé à la partie inférieure de la moelle
lombaire. Les nerfs centrifuges sont les nerfs moteurs qui se rendent aux
vésicules séminales, à l’ampoule du déférent (nerfs sympathiques d'origine
lombaire), au sphincter ùrétral et au bulbo-cavemeux (nerf honteux interne
d’origine sacrée).
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE PBEMIEB
ÉTUDE DES URINES
NORMALES ET PATHOLOGIQUE
pathogènes. La tuberculose, la morve, la peste, le charbon, la fièvre de Malte,
la blennorrhagie, etc... peuvent s’accompagner d’une élimination analogue.
Aussi, lorsqu’il s’agira de manipuler une urine quelconque, le médecin,
scopie. — Si dans un liquide pur on fait dissoudre 'un composé solide, liquide
ou gazeux, on constate que la dissolution, obtenue sous l’influence d’une
réfrigération énergique, se congèle à une température notablement infé¬
rieure à celle du point de congélation du dissolvant pur. L’étude des lois
qui découlent de ce phénomène et les méthodes usitées pour la mesuré des
points de congélation constituent ce qu’on appelle la cryoscopie.
Au point de vue qui nous intéresse, il faut retenir que, pour les solutions
étendues, l’abaissement du point de solidification est, comme la pression
PATHOLOGIQUES
3 Balthazard
En simplifiant, <
liques acides au tournesol, et les phosphates bimétalliques alcalins pour le
même réactif. La détermination de la réaction en présence de phénolphta-
léine permet au contraire de trancher la question.
2o Avec U pUnolphtaléine. — Ce procédé exige comme réactif :
a) Une solution alcoolique de phénolphtaléine à 1 p. 100 ;
En multipliant ce chiffre n par 100 et par 0sr, 00585, c’est-à-dire par 08r,585,
on aura, exprimée en Cütfa, la teneur en chlorures d’un litre d’urine. Si cette
dernière a été diluée à moitié, au tiers ou au quart, le résultat doit être
multiplié par 2,3 ou 4.
ferment de la globuline, il est nécessaire, pour avoir un filtratum clair, de
porter le mélange au B. M. pendant 10 minutes ou 1/4 d’heure et de compléter
le volume après refroidissement. Le dosage comparatif après incinération
démontre que l’albumine n’apporte aucun perturbation dans le titrage. Il
est utile, enfin, de faire remarquer que dans ce procédé, lorsqu’on a saturé
le liquide par l’ammoniaque, les phosphates terreux forment un précipité
floconneux mais léger et qui, grâce à la forte dilution, ne nuit en rien à l’appré¬
ciation de la réaction finale.
B. — Méthodes directes après élimination
des substances organiques.
Les méthodes de ce groupe ont pour but de précipiter les chlorures avec
l’azotate d’argent et de déduire directement la quantité de ces sels du volume
de réactif employé. Le terme de la réaction est indiqué par la formation du
chromate d’argent rouge qui prend naissance aux dépens d’une petite quan-
niques par le permanganate de potasse.
Les réactifs nécessaires sont :
а) Solution alcoolique de phénolphtaléine à 1 p. 100 ;
б) Acide phosphorique à 1/10 ;
c) Permanganate de potasse à 3 p. 100 :
d) Azotate de calcium à 1/10 ;
e) Chromate de potasse en solution aqueuse saturée ;
f) Azotate d’argent îf/10.
Quant au mode opératoire, voici celui de l’auteur textuellement reproduit :
On met dans une capsule de porcelaine llcc,5 d’urine et 1 à 2 gouttes
de phtaiéine. Si le mélange rougit, on y ajoute goutte à goutte de l’acide
sulfurique ou mieux pbospborique à 1/10 jusqu’à disparition de la teinte.
Que cette opération ait ou non été rendue nécessaire, on ajoute une pro¬
portion de permanganate de potassium à 3 p. 100 qui varie de 5 centi¬
mètres cubes pour les urines dont la densité est inférieure à 1.020, à 10, et
NORMALES ET PATHOLOGIQUES
HilililffllIIHlI
LOGIQUES
PATHOLOGIQUES
évapore à sec, calcine et ter-
. Dès lors la quantité de créatinine en milligrammes contenue dans 10 centi¬
mètres cubes d’uriné sera donnée par le rapport 8 et, en multipliai
0“,02 d’azote et dégagent environ 16 centimètres cubes de ce gaz sous l'in¬
fluence de l’hypobromite de soude d’après l’équation :
L’opération se fait comme pour le dosage de l’urée, une fois avec la solu¬
tion-étalon et une fois avec le liquide à titrer.
Bans l’éprouvette gazométrique, on verse 10 centimètres cubes d’hypo-
bromite et dans le petit tube 10 centimètres cubes de liquide ammoniacal ; on
bouche l’appareil et, en le renversant, on provoque le dégagement gazeux.
Avant chaque lecture, on attend 1 ou 2 minutes que le tout se soit mis eu
équilibre de température. Soit V centimètres cubes, le volume d’azote fourni
fl! Et!
Pour les premières, il faut diminuer la quantité B de la dose de glucose G
multipliée par 0,4. On obtient ainsi une nouvelle valeur :
avec laquelle on effectue les calculs.
Pour les urines contenant- plus d’un gramme d’albumine, U
nueir B de la dose d’albumine, a multipliée par 0;325 ; on a alors :
Bous verrons plus loin tout le parti qu’on peut tirer des trois rapports
déjà signalés et occupons-nous d’abord de la façon pratique,. de les obte-
ÉTUDE DES URINES NORMALES ET PATHOLOGIQUES
Beaucoup de ces malades sont au contraire hypoacides, il est alors nécessaire
de leur administrer des acides.
Là encore, Jouiæ a indiqué la marché à suivie ; ü conseille, en effet, de
s’adresser à l’acide phosphorique lui-même et à ses sels acides, pour le traite¬
ment de l’hypoacidité et de l’hypophosphatie avérées.
COMPOSITION DE L'URINE NORMALE
Maintenant qu’on a vu comment on pouvait déterminer la plupart des
constituants normaux de l’urine, il reste à indiquer la composition normale
de cette dernière. Ici se pose un problème hérissé de difficultés telles qu’il
est resté et restera probablement toujours sans solution pleinement satis-
II est, en effet, bien connu de tous qu’il n’existe pas d’urine normale type
à proprement parler, mats qu’il y a pour ainsi dire autant d’urines normales
que d’individus considérés. Si tout le monde est d’accord pour convenir que
l’urine normale doit être jaune ambré, limpide, sans dépôt, fluide et sans
odeur désagréable, l’accord se fait moins facilement en ce qui concerne sa
sont susceptibles d’influer sur la composition de l’urine pour qu’il soit pos¬
sible d’en fixer un type unique pouvant servir de terme de comparaison d’une
façon définitive.
PATHOLOGIQUE
L’hypophosphaturie se voit au contraire dans les dernières périodes de la
tuberculose, dans certaines néphrites, dans la cirrhose atrophique.
A ces principaux rapports utiles à connaître, il importe d’ajouter ce qu’on
pourrait appeler les rapports cryoscopiques qui rendent parfois des services
On a vu que le point de congélation A de l’urine, généralement compris
entre — 1°3 et — 2<>2, était proportionnel à la concentration moléculaire de
l’urine, quelle que soit la nature des molécules dissoutes. Mais cette donnée,
envisagée seule, ne constitue, comme la densité, qu’une indication générale.
Les auteurs qui l’ont étudiée ont su en tirer davantage.
a) Poids de la molécule élaborée moyenne. — H existe une relation qni,
étant donné le poids P p. 100 d’un composé dissous et le point de congélation
A de sa solution, permet de connaître le poids moléculaire de ce composé.
Cette relation est la suivante :
LOGIQUES
coulera de l’raiue, ou a appris à caractériser ces différents composés.
Le. chloroforme a aussi la propriété de réduire la liqueur de Fehiing, c’est
pourquoi on doit le proscrire pour la conservation de l’urine destinée à
l’analyse.
Quoi qu’il en soit, une réaction positive obtenue avec le réactif eupro-
potassique permet de conclure à la présence d’un sucre réducteur et rien de
plus. Si on veut savoir le nom de ce dernier, c’est alors qu’on doit recourir
à la phénylbydrazine.
b) Emploi de la pTmylliydmzine. — Sous l’action de la phénylhydrazinè,
les sucres réducteurs, c’est-à-dire les sucres à fonction aldéhydique ou eéto*
nique, ont la propriété de fournir des composés insolubles, cristallisés, jaunes,
appelés osazones. Si nous prenons un sucre en C‘ comme exemple, l’osazone
156 ÉTUDE DÉS URINÉS NORMALES ET PATHOLOGIQUES
Cependant, il est en effet des cas où, en se mettant dans les meilleures condi¬
tions possibles, il est très difficile de saisir la fin de la réduction de la liqueur
eiipro-tartrique. C’est ce qui arrive avec certaines urines de diabétiques,
pauvres en glucoses et relativement riches en principes créatiniques. ’
Parmi les procédés proposés pour remédier à cet inconvénient-, celui dé
Catjssb, réglementé par Bohnans sous l’inspiration de Dekigès, est certai¬
nement le plus recommandable ; c’est lui qui a été adopté au V« Congrès de
g 8 “ g
procédé
mi
fil!
LOGIQUES
A défaut de pots
l pourrait utiliser la formule suivante :
ÜPI
Ifü II
ÉTUDE DES URINES NORMALES ET PATHOLOGIQUES
mann à la recherche de la tuberculose urinaire. Cette méthode due à Debré et
Paraf consiste à rechercher non plus la présence d’anticorps, mais, au con¬
traire, celle d’un antigène spécifique qui existerait dans l’urine en pareille
circonstance. Voici, textuellement reproduite, la technique des auteurs
d’après les Annales des voies urinaires :
La réaction proprement dite est précédée de manœuvres préliminaires
indispensables.
ments qui entreront en jeu dans cette réaction.
1° Sérum hémolytique anti-mouton ( ou anti-humain). — Il se préparera
plusieurs semaines auparavant, par injections successives de globules de
mouton à un lapin. On injectera à des intervalles de huit jours, 10 à 15 centi¬
mètres cubes de globules de mouton recueillis aseptiquement, bien lavés et
défibrinés. Il sera bon de préparer deux lapins. Au bout d’un mois, le sérum
du lapin recueilli par saignées dans la carotide sera hémolytique et prêt à
servir. Il sera centrifugé avec soin et ensuite chauffé plusieurs fois à 56° pour
le débarrasser de l’alexine qu’il contient.
On le titrera une fois pour toutes, en mettant des taux variables de 0,1,
0,2, 0,3, etc. En présence d’alexine et d’une émulsion de globules, le tube où
l’hémolyse est franche et nette contient la bonne dose à employer. Il est
d’ailleurs facile actuellement de se procurer un tel sérum tout fabriqué et
tout titré dans le commerce.
Acheté ou fabriqué personnellement, ce sérum anti-hémolytique sera
conservé dans des tubes scellés.
2o Globules de mouton. — On les enverra chercher aux abattoirs dans des
flacons stériles. On les lavera soigneusement en en mettant une petite quan¬
tité avec de l’eau physiologique, dans un tube à centrifuger. On agitera et
on fera centrifuger à nouveau. Au bout de trois centrifugations généralement,
l’eau qui surnage est absolument claire, et les globules prêts à être employés.
On les diluera au 20e (1 centimètre cube pour 20 centimètres cubes d’eau
physiologique) et on emploiera 1 centimètre cube de cette dilution.
Les globules peuvent se conserver intacts à la glacière pendant un jour
CHAPITRE II
TOXICITÉ ET SEPTICITÉ URINAIRES
Ch. ACHARD et G. PAISSEAU
TOXICITÉ URINAIRE
C’est une notion aujourd’hui classique que l’organisme est, à l’état physio¬
logique, un réceptacle et un laboratoire de poisons ; il existe constamment
une menace d’intoxication, conséquence obligée des phénomènes biologiques
production de déchets plus ou moins toxiques.
Il faut encore compter avec les poisons introduits dans l’organisme : l’alimen¬
tation normale s’accompagne nécessairement de l’introduction d’une impor¬
tante quantité de produits, nuisibles et certains états pathologiques peuvent
être dus à l’introduction de poisons exogènes. D’ailleurs, même en dehors des
intoxications vraies, on peut dire que presque tous les états morbides sont
plus ou moins fonction d’intoxication : intoxication par des poisons fabriqués
par l’organisme lui-même en raison des déviations de la nutrition dont tout
état pathologique s’accompagne presque nécessairement, intoxication par
les produits microbiens ou par les cellules de l’organisme troublées dans leur
fonctionnement sous l’influence des germes pathogènes : l’état infectieux
est, pour une part plus ou moins grande, un état toxique.
La résistance à l’intoxication, que comporte le maintien' de l’équilibre
physiologique de l’organisme ou sa défense contre les agressions dont il est
l’objet, est réalisée par des processus divers.
. Une partie de ces poisons est neutralisée dans l’organisme lui-même ;
le foie est, à èe point de vue, un des principaux organes de défense.
Mais, normalement, un des principaux moyens de défense réside dans les
processus constants d’élimination dont sont chargés les différents appareils
d’émonetion : le rôle des poumons, de la peau, du tube digestif n’est pas négli¬
geable. mais celui de l’appareil urinaire est de beaucoup prépondérant.
Le rein est, en effet, Pémonetoire par excellence de l’organisme, c’est lui
Ülll
distillée
toxicité urinaire sa théorie plus eomprehensive de Fui
multiple qui s’est substituée aux anciennes théories un
Ces conceptions ont été grandement précisées dep
perméabilité rénale, par celles du mécanisme régulateu
S’il en est de même an point de vue expérimental, cela se peut expliquer
par le défaut de précision scientifique de la méthode ; on a vu en effet qu’il
n’a été répondu que d’une façon très insuffisante aux objections qui lui ont
été faites, et que les procédés de correction proposés se sont montrés impùis-
divers, des renseignements intéressants, applicables selon 1
logie générale, à la physiologie, à la physiologie pathologiqi
tique et à la clinique.
— OSMONOCIVITÉ
le NaCl.
H s’opère ainsi, comme l’un de nous l’a montré: avec G-atllaud une ti
dance à la régulation non seulement de la concentration moléculaire mais au
delà composition chimique. C’est-à-dire que l’organisme tend consta
as perdre de vue dans les applications qui ont été laites de
s aux phénomènes biologiques.
stj malgré les incertitudes de ce problème, il a suscité de non
ss sur la pression osmotique des différents liquides, comme
ï. — APPLICATIONS PATHOLOGIQUJ
Cryoscopie urinaire. — Nous signalons seulen
Claude et Balthazakd, qui, à la suite des travaux de
Bousquet, Léon Bernard, a essayé de fournir un pro
renseignements fournis par l’exploration cryoscopie
0SM0N0CIV1TÉ OBEJAIBE
constituent les substances que Gbyus a désignées sous le nom de substances
pénétrantes, mais leur action est différente. ■ Les premières agissent à U
manière de Veau distillée; les solutions d’urée, comme on l’a tu, quelle que
soit leur concentration moléculaire, provoquent l’hémolyse (Geyns) : si on
ajoute à ces solutions des doses croissantes de ïTaCl, il vient un moment
où les globules ne s’y détruisent plus, on constate alors que la solution est
isotonique: l’urée se comporte donc exactement comme l’eau distillée qui,
elle aussi, est neutralisée par l’action du chlorure.
H résulte de recherches faites par l’un de nous avec L. Bamond, que
cette propriété de l’urée, de ne pas exercer d’action osmotique et de ne
pas s’opposer à l’effet cytolytique des liquides hypotoniques, ne s’étend pas
à d’autres corps très voisins, tels que les urées composées. Si l’on ajoute à
une solution chlorurée hypotonique et hémolytique de la méthylurée, l’hé¬
molyse est empêchée à un certain taux de concentration. H en est de même
pour la suif o -urée. La eréatine protège même les globules rouges contre
l’hémolyse.
Les substances , pénétrantes de la seconde catégorie, plus toxiques que
l’eau distillée, sont capables de détruire les globules rouges par leur nocivité
propre, même en solutions salées isotoniques, indépendamment, par consé¬
quent, de toute action osmonocive : ce sont les substances globulicides
Le mécanisme de la destruction de l’hématie est encore fort obscur, il
serait expliqué, d’après ÏTole, par une perméabilisation du stroma du glo¬
bule ; cette action globulicide, plus meurtrière que celle de l’eau distillée,
peut ne pas se limiter à la sortie de l’hémoglobine, mais aboutir encore, après
un temps plus ou moins long, à la destruction même du stroma dont les molé¬
cules se désagrègent et qui disparaît.
C’est dans ces conditions que peut s’exercer l’action hémolysante de l’urine.
1° Action osmonocive. — Le point de congélation habituel de l’urine
normale en fait un liquide hypertonique par rapport au sérum sanguin.
H en résulte que les globules rouges placés dans cette urine, loin de
s’y gonfler et de s’y détruire, y sont au contraire ratatinés, conservent
leur hémoglobine et prennent l’aspect en boule épineuse bien connu depuis
longtemps des élimeiens qui ont examiné au microscope des urines hématu-
II en va tout autrement lorsque l’urine cesse d’être hypertonique pour
devenir hypotonique, comme cela peut se produire dans les dilutions dues
aux régimes, le régime lacté par exemple, à l’absorption de grandes quantités
de liquide, ou à l’occasion de modifications dues à des maladies.
Dans ces conditions, l’urine devient un liquide nuisible pour le globule
par défaut d’isotonie. Bile agit à la manière de l’eau distillée, et le globule,
après s’y être gonflé, édate par pression osmotique s’exerçant de dedans
En outre, l’urine contient toujours de l’urée en quantité très variable et le A
d’une urine n’est que l’expression totalisée de l’abaissement partiel du point
de congélation dû à chaque composant pris isolément. Il en résulte que dans
îîl
Ces épreuves permettent parfois d’admettre l’origine urinaire d’une hémo¬
globinurie. Il semble d’ailleurs que les bémoglobinuries urinaires soient moins
rares qu’on ne l’aurait pu croire tout d’abord; c’est ce que tendent à démontrer
des faits d’observation toute récente : l’un de nous a rapporté en effet, avec
Saint-Girons, deux cas d’bémoglobinurie urinaire dans la fièvre typhoïde
et dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique.
Ce qui caractérisait l’hématurie du malade typhique c’était la très grande
prédominance de l’hémoglobinurie sur l’hématurie, à tel point que les urines
étaient, à un certain moment, presque purement hémoglobinuriques, l’hémo¬
globine non dissoute dans les urines étant en proportion de 10 à 82 fois
moindre que l’hémoglobine dissoute, à différentes phases de l’hémorragie ;
c’est seulement dans les dernières heures de la vie du malade que l’hémo¬
globine dissoute disparut de l’urine et que l’hématurie devint pure.
La seconde observation montre que dans la fièvre bilieuse hémoglobinu¬
rique, l’hémoglobinurie peut être attribuée à une hémolyse intra-urinaire
ou intra-rénale.
Un certain nombre d’arguments permettent, en effet, de démontrer la
réalité de cette transformation d’une hématurie en hémoglobinurie.
Ce sont : l’absence de pouvoir hémolytique du sérum, le défaut de laquage
du sérum et surtout du plasma, l’absence de fragilité globulaire, qui ne
permettent pas de songer à une hémolyse préalable effectuée dans les vais-
globules rouges encore pourvus de matière colorante indiquera non pas que
nette urine n’a pas été hémolysante,mais seulement que son pouvoir hémo¬
lytique est épuisé.
Même lorsque l’urine est :trop rouge pour que l’on puisse rechercher
ses propriétés hémolytiques, on peut constater que le passage des globules
rouges dans les voies urinaires a diminué leur résistance : l’épreuve de la
fragilité globulaire des hématies contenues dans l’urine comparée à celle des
; jrigore,
Armer l’étude de leurs propriétés pathogènes : variabilité de la virulence,
exaltation de cette virulence par passage dans le bouillon de culture acide,
dans lebassinet suivie de ligature de l’uretère.
La recherche des effets pathogènes, de même que l’étude morphologique et
tielle entre ces deux espèces et permettait d’admettre leur identité complète.
D’ailleurs, il semble bien, comme l’un de nous l’a encore montré avec
J. BE5ÎAXJX.T que, sous le nom de bactérie pyogène, on avait décrit plusieurs
lui !
de septicité urinaire proprement dite.
IL — MÉCANISME DE LA SEPTICITÉ URINAIRE
Physiologie pathologique de la septicité urinaire. — La septicité uri¬
naire, quelle qu’en soit la cause, peut être monomicrobienne ou polymiero-
bierme. Elle peut avoir pour origine le rein, l’uretère, la vessie, ou enfin l’urètre;
l’infection de ce dernier est un point de départ fréquent, tout au moins au
début des maladies vénériennes proprement dites. Quelle que soit la locali-
multiplication, de sa mobilité, de sa grande innocuité pour la muqueuse
des voies urinaires, il n’attaque pas plus le parenchyme rénal que la vessie,
détermine seulement la bactériurie, la pyélite et rarement la cystite : quand
on le trouve accompagné d’autres germes, ce sont ces derniers qui sont
pathogènes ; quand ü n’existe que du coli, on ne doit pas pour cette simple
raison lui faire jouer un rôle dominant car, par sa grande facilité de repro¬
duction, il détruit ou élimine les véritables pathogènes.
Complétant ses idées, Bovsxng avait divisé les cystites en trois classes :
non pathogènes, la cystite suppurative ammoniacale due à l’action de microbes
ammoniogènes et pyogènes, enfin la cystite suppurative acide dont l’infection
par le bacille de Koch est le type.
Infection par contiguïté. — Les infections des vésicules séminales , de la
prostate, peuvent atteindre la vessie, soit directement, soit par l’intermédiaire
des canaux excréteurs ; il en est de même pour les lésions urétérales, pour
l 'intestin dans les cas de fistules, pour le péritoine.
Infection vasculaire. — La possibilité de l’infection de la vessie par son
appareil' vasculaire, d’ailleurs peu développé, a prêté à de longues discussions.
part de ces caractères n’ont aucune valeur absolue, mais quand ils sont en
concordance on peut leur attribuer une signification sérieuse, que devra
toujours néanmoins préciser l’examen clinique.
qui s’y développent ne sont pas sans modifier profondément la constitution
urinaire et ce trouble peut se traduire par une conséquence importante qui
est la lithiase alcaline.
Lithiase alcaline. — La lithiase alcaline peut être primitive, mais dans
la grande majorité des cas elle apparaît comme un effet de la septicité urinaire.
La lithiase alcaline secondaire est caractérisée par la présence de calculs
'phos'p'hatiques dont les concrétions irrégulières et friables sont presque entière¬
ment formées de phosphates et de carbonates, phosphate et carbonate de
La précipitation des sels de chaux de l’urine, qui conditionne la forma¬
tion de ces calculs, se produit lorsque l’urine devient alcaline par décompo-
SEPTICITÉ URINAIRE
quences, nous
tériuries ébert
l’intérêt partie
Historique,
pathogénique, :
flîiiîl
MV.
l’albnmimme était beaucoup moins fréquente que la bactériurie, il pensait
à la possibilité de lésions parcellaires n’équivalant nullement à une néphrite
aiguë.
Les travaux ultérieurs ont, comme nous l’avons vu, corroboré cette manière
3° Examen direct- — Avant de procéder à la recherche du bacille, on doit
chercher à collecter les microbes, soit par centrifngation, soit par une sorte de
collage pour lequel on a employé l'albumine d’œuf (Vos) ou le plasma salé
■ Quelle que soit la méthode employée, l’urine donne un dépôt plus ou moins
abondant qui gêne considérablement l’examen ; on a proposé de dissoudre
les sels en diluant le culot dans de Peau distillée, mais ce procédé peut dimi¬
nuer le nombre des bacilles.
Dans ces derniers temps, on a eu recours à des procédés basés sur les
propriétés que possèdent certaines substances de dissoudre tous les corps
organiques à l’exception des bacilles acido-résistants. Au sue digestif artificiel
de Jodsset, à la méthode d’homogénéisation de Besançon et Phhebeet,
on a proposé de substituer 1 ’anüformine (mélange d’eau de Javel et d’une
solution concentrée de soude caustique) préconisée par tTHLENmjT. La
technique employée consiste à traiter le dépôt centrifugé de l’urine par une
gène ; le mélange est ensuite énergiquement centrifugé et on se sert, pour
faire la préparation, de ce dépôt lavé à plusieurs reprises avec une solution
salée physiologique. Ce procédé est malheureusement long et compliqué.
ÉLIMINATIONS BACTÉRIENNES. BACTÉR1URIES SECONDAIRES 909
Valeur séméiologique de la bacillurie tuberculeuse. — En l’état
actuel de la question, l’on peut admettre la réalité de l’existence d’une bacil-
lorie tuberculeuse chez les tuberculeux pulmonaires, mais sa valeur séméio¬
logique est, sur certains points, discutée. La bacillurie tuberculeuse traduit
l’existence d’une poussée laciOémique, tous les auteurs sont d’accord à ce
sujet : c’est ce qui explique qu’il s’agisse habituellement de malades atteints
de tuberculose aiguë généralisée ou en état de poussée aiguë au cours d’une
tuberculose pulmonaire chronique
La bacillurie tuberculeuse peut-elle se produire indépendamment de lésions
rénales tuberculeuses ? Certains auteurs le contestent absolument. Gtolani
génito-urinaire.
Si l’on admet, comme cela est actuellement l’opinion générale, que les
bacilles peuvent être éliminés par les tuberculeux pulmonaires, la présence
QUATRIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
ASEPSIE ET ANTISEPSIE EN UROLOGIE
Les pratiques aseptiques et antiseptiques en urologie sont évidemment sem¬
blables à celles de la chirurgie générale, mais les conditions spéciales dans
lesquelles nous opérons, les instruments tout particuliers dont nous nous
servons nécessitent des modifications très importantes aux; procédés de
stérilisation et d’asepsie qui sont couramment employés en chirurgie générale.
J’insisterai surtout sur ces modifications spéciales à la chirurgie urologique,
en considérant comme connus les principes de l’asepsie et de l’antisepsie en
général.
Ce qui est tout à fait particulier à ce point de vue dans notre spécialité,
c’est que nous sommes forcés de réaliser une propreté aussi grande que
possible dans deux; conditions totalement différentes : Premièrement dans les
salles d’opérations chirurgicales pour les grandes opérations urologiques,
ce en quoi nous différons très peu des chirurgiens généraux. Et deuxièmement
dans notre cabinet de consultation pour les traitements urologiques ambu¬
latoires, dans des conditions déplorables de hâte et de malpropreté des
Dans le premier cas, notre malade a été préparé d’avance, nous avons
tout le temps de stériliser nos mains, de parfaire la stérilisation de la peau
de l’opéré, nos instruments stérilisés au préalable sont instantanément
prêts à être utilisés, nous sommes donc dans les conditions les plus parfaites,
pour opérer suivant les règles habituelles de la chirurgie générale.
Dans le second cas, au contraire, nous devons soigner, laver, sonder, dilater,
endoscoper, etc., de quatre à six malades par heure ; ces malades, surtout à
l’hôpital, mais malheureusement bien souvent aussi en ville, se présentent
à nous dans des conditions de propreté qui laissent beaucoup à désirer.
Sos mains se trouvent donc à chaque instant infectées des microbes les plus
divers et nous n’avons pour nous en débarrasser que quelques fractions
de minutes entre chaque malade, autant dire que nous ne nous en débar¬
rassons pas. ÏTous sommes donc dans notre cabinet forcés d’opérer en toute
fÜ» Il
saisis sa verge entre l'annulaire et le petit doigt de la main gauche, en me gar-
tement me servir à saisir l’armature de la bougie conductrice, pour me per¬
mettre d’y visser le béniqué. J’introduis le béniqué : pendant cette opération
j’ai de nouveau besoin de toute ma main gauche, pour tendre la verge et pour
abaisser la région pubienne, la voilà de nouveau sale. Je retire le béniqué
incomplètement, en laissant sa pointe dans l’urètre et je l’abandonne ainsi
sur la cuisse du malade. Je retourne à ma capsule, où je refais un nettoyage
énergique des doigts de la main gauche, je retourné au malade, je saisis le
béniqué de la main droite, la verge entre l’annulaire et le petit doigt de la
main gauche, l’armature entre le pouce et l’index gauche restés propres, et
je dévisse le béniqué. Et ainsi de suite pour les suivants. Grâce à ces précau¬
tions, grâce surtout^ au lavage vésical qui précède et suit l’intervention,
Quand nous avons à sonder un rétentionniste non infecté, nous devons
redoubler de précautions, car nous avons affaire à un malade d’une récep¬
tivité formidable. H ne faut pas hésiter dans ce cas à prendre le temps
nécessaire pour obtenir une stérilisation aussi parfaite que possible de nos
mains et du gland du malade comme pour une véritable opération chirur¬
gicale.
En cas de toucher rectal nous devons toujours nous protéger l’index d’une
DÉSINFECTION
STÉRILISATION DES INSTRUMENTS
formaldéhyde. D’expéneaees n
. LErromE à l’hôpital Boucicau
pour assurer la parfaite asepsie
roudelles formées de deux ce:
xyméthylène, cousues sur leur b
i de faire le cathé-
?our que dans les
Liqué. à toutes les
942 ASEPSIE ET ANTISEPSIE EN UROLOGIE
tion de Pair. Une fois la dessiccation obtenue, on ferme cesperforations à Paide
de glissières métalliques.
Ces boîtes doivent rester à l’étuve à vapeur pendant 3/4 d’heure ce qui
assure une stérilité absolue comme Pont prouvé les travaux d’AiApr et
Le Dr Ingiani de Gênes a proposé un procédé simplifié pour la stérilisa¬
tion des sondes urétrales par la vapeur d’eau. Ce procédé exige pour tout
instrument un simple tube à réaction coiffé d’un tube de caoutchouc ayant
30 centimètres de long, et obturé à son extrémité libre par un bouchon
perforé, dont l’orifice destiné à l’échappement de la vapeur doit être de préfé¬
rence latéral.
A-t-on à stériliser une sonde élastique? on remplit le tube de verre d’eau
saturée de sulfate de soude, on y plonge la sonde et on adapte par-dessus le
tube en caoutchouc, puis saisissant le tube de verre au moyen d’un papier
enroulé autour de lui, on le chauffe sur la flamme d’une lampe à gaz (ou autre
source de chaleur), tout en ayant soin de tenir le petit appareil dans une posi¬
tion quelque peu inclinée.
La solution de sulfate de soude, entrant en ébullition, pénètre dans le tube
de caoutchouc (le thermomètre y marque partout 100°), sans cependant se
déverser par l’orifice du bouchon, qui ne laisse passer que la vapeur d’eau.
Au bout d’une minute la sonde est stérilisée.
Ce même dispositif sert aussi à la stérilisation d’un cathéter métallique,
qu’il est facile d’introduire avec ses anneaux dans le tube de caoutchouc,
en forçant un peu l’élasticité de ce dernier. Cependant, dans ce cas, on versera
dans le tube de verre non pas une solution de sulfate de soude qui attaque les
instruments métalliques, mais une solution de carbonate de soude.
Tous ces procédés, après avoir eu un moment de vogue surtout en Alle¬
magne, sont presque partout abandonnés aujourd’hui.
; d, Stérilisation dos sondes 'par immersion dans un liquide antiseptique. —
C’est de beaucoup le plus mauyais procédé de stérilisation, qui ait jamais
été proposé, il abîme les sondes, irrite le malade et de plus il est très
infidèle. - .... . '
Geosglee nettoie très soigneusement des sondes infectées, les laisse pen¬
dant une heure dans le sublimé à 1 p. 1 000. Sur 12, 2 seulement sont stéri¬
lisées. .
Cette inefficacité de ce mode de stérilisation tient à ce que, comme l’a dé-
d’àir qui empêchent le contact du liquide antiseptique, quel qu’il, soit, avec
la paroi infectée. Le nitrate d’argent à 1 p.1000, qui a été proposé dans
>le même but, ne. donne pas de meilleurs résultats.
La stérilisation des sondes par immersion dans des liquides antiseptiques
a été bien étudiée par les DkE;roguis et Chydenius.
Us ont apprécié la valeur comparative des différents antiseptiques pour les
différents microbes les plus, fréquents :
Le streptocoque et surtout le staphylocoque résistent le mieux à. faction
dû sublimé dont le pouvoir bactéricide est plus grand que celui du .bi'iodure
de mercure. Le colibacille résistele mieux au, nitrate d’argent, qui par contre
i la glycérine,
ment obtenue par le simple séjour pendant 24 heures dans
nant 3 p. 100 de formaline.
L’auteur propose de conserver les sondes dans la glycérine formalinée.
Comme celle-ci Occasionne une légère brûlure de l’urètre, il est indiqué de
passer la sonde dans l’eau boriquée ou mieux encore dans la glycérine conte¬
nant 20 p. 100 de sucre avant de l’introduire dans l’urètre.
e. Stérilisation des sondes parles gaz désinfectants : Acide sulfureux.— C
ce produit qui en France l’emporta dès le début de nos recherches sur tou
autres procédés. Dès 1890 la stérilisation des sondes et bougies de gor
par l’acide sulfureux était pratiquée régulièrement et donnait des résu]
très satisfaisants, elle dura jusqu’à l’époque' oh elle fut supplantée .pai
vapeurs de formol.
lîilt
ils'l-
h II!
nm
Il' Si
II!
958 ASEPSIE ET ANTISEPSIE EN UROLÔCIE
tenir la sonde et- une pins petite partie inférieure destinée à renfermer la
solution de formol, ou des fragments de craie imbibés de formoL
Entre ces deux parties une plaque métallique percée de trous permet aux
vapeurs de formol démonter dans la partie supérieure des cylindres et d’y sté¬
riliser les sondes.
Pour les sondes et bougies à emporter en ville, la question est encore plus
complexe. Pouvons-nous conserver dans nos trousses, pendant un temps très
long, des sondes stérilisées toujours prêtes à servir, ouvrant la trousse chez un
malade, y choisissant quelques sondes, refermant la trousse ; nous trans¬
portant un jour ou deux après chez un autre malade pour y reprendre une
autre sonde et ainsi de suite? Pour plus desûreté, on conseille de réserver dans
la trousse une petite loge où sera déposée une petite dose de trioxyméthylène,
pour maintenir l’asepsie de la trousse, ou bien on adopte le procédé du
Dr Desnos, on met ses sondes et bougies dans des tubes stériles armés de
bouchons à trioxyméthylène. Le choix de la sonde cherchée est difficile avec
ce dernier procédé et le trioxyméthylène est facile à oublier pendant plusieurs
mois dans son bouchon. J’avoue que je considère ces méthodes comme bien
peu sûres. J’ai adopté pour moi le procédé suivant, évidemment rendu plus
aisé par le petit nombre de visites que je fais à- domicile ; je prévois à peu près
au moment du départ les sondes et bougies dont je crois avoir besoin, je les
choisis non stériles, ou bien je les sors de l’armoire, je les fais bouillir, puis
je les saisis avec une pince stérile et je les dispose dans la boîte de ma trousse
flambée à l’alcool ; ce travail étant fait immédiatement au moment de mon
Le spécialiste qui voit un grand nombre de malades à domicile ou dans des
cliniques, doit tenir au complet la provision de sondes et bougies et la faire
stériliser tous les jours dans l’étuve à trioxyméthylène à chaud d’ALBASEAN,
d’HAMONic ou mieux de Mabion.
GRAISSAGE ASEPTIQUE ET ANTISEPTIQUE DES SONDES ET BOUGIES :
Le graissage des sondes peut se faire soit avec des corps franchement
gras : huile, vaseline, soit avec des corps gras solubles dans l’eau comme la'
glycérine, soit avec des corps glissants et entièrement solubles, tels que le
savon, les solutions de gomme adragante. Tous ces corps pouvant être soit
simplement Stérilisés, soit infertilisés, soit enfin additionnés d’une dose
plus ou moins forte d’une substance antiseptique.
'■ Lubrifiants gras. — Les plus anciens lubrifiants gras sont : la simple
vaseline stérilisée, en tube de préférence, ou en flacon portatif (fig. 540), la
vaseline boriquée :
La vaseline salolée à 1 p. 10. L’huile phéniquée :
ET ANTISEPTIQUE
bibl:
s’est répété par
l’urotropine sont
dérivés ont pour
pourlui permettre
BIBLIOGRAPHIE
CHAPITKE
MATÉRIEL UROLOGIQUE
La- spécialité urinaire a passé, comme toutes les autres parties de la chirurgie,
par les deux périodes préantiseptique et antiseptique, mais en plus, elle
a passé, en France au moins, d’une période de déconsidération aux honneurs
d’une grande spécialité reconnue de tous. Avant la création de la chaire des
maladies des voies urinaires, l’urologie éclosait timidement, sous le couvert de
la chirurgie générale, dans la fondation Civiale, annexée à un service de chi¬
rurgie de l’hôpital Decker. On pourrait se demander, si Civiale n’avait pas
créé cette fondation, où en serait encore aujourd’hui l’urologie en France.
Cette spécialité, déconsidérée par les charlatans d’urinoirs, était peu estimée.
Que de fois n’avons-nous pas entendu notre maître se dire avant tout chirur¬
gien général et non spécialiste. Il subissait l’influence de son époque, tout
en conduisant peu à peu sa chère spécialité à un tel degré d’honorabilité et
de perfection qu’elle devait bientôt s’affirmer d’elle-même et s’imposer
comme une des principales sections de l’art chirurgical. Le matériel urologique
suivit la même évolution : absolument rudimentaire pendant la première
période, il s’enrichit rapidement pendant la seconde et atteignit bientôt un
degré qu’il lui sera dorénavant difficile de dépasser.
A cette époque, déjà lointaine, qui s’étend depuis la nomination du
Dr Guyon au service Civiale (1867), jusqu’à la création de la chaire des voies
urinaires (1890), le matériel opératoire empruntait celui de la chirurgie géné¬
rale et les soins ambulatoires étaient réduits à des interventions bien res¬
treintes : dilatations, instillations, lavages de vessie à la sonde. Tout cela ne
demandait pas une installation bien compliquée. Une simple table, quelques
seringues, des sondes, des bougies et des Béniqués, et c’était tout. H n’est
pas tout à fait exact de faire dater de la création de la chaire dés maladies
des voies urinaires le début des perfectionnements du matériel urologique ;
déjà depuis 1888, année où le regretté Albarran fut l’interne du Dr Guyon,
l’instrumentation et les procédés d’examen s’améliorèrent peu à peu, mais
ils ne prirent leur complet essor qu’en 1890, époque où le Dr Guyon, nommé
professeur des maladies des voies urinaires, installa à ses frais la salle de la Ter¬
rasse de l’hôpital Decker, qui est devenue le modèle de toutes les installations
de ce genre dans le monde entier.
LOGIQUE
i qui s’engageât
MATÉRIEL UROLOGIQUE
Il*
MATÉRIEL UROLOGIQUE
courants de la ville qui n’ont d’économique que l’apparence, il nous reste à
décrire l’installation électri que urologique parfaite.
Installation électrique urologique complète.
On doit exiger des appareils d’adaptation modernes les conditions sui-
1° Se brancher sur n’importe q
2° Ifous permettre de faire de la petite lumière, de la caustique, de la galva¬
nisation (électrolyse, ionisation), du courant faradique, du mas
ration et du refoulement d’air, à la rigueur des douches d’air ch
joindra au chapitre de l’exploration radiographique des reins (Tome II
chapitre n).
MATÉRIEL DU SPÉCIALISTE UROLOGUE
EN CAS DÉ CONSULTATIONS EN VILLE
à emporter en cas de consultations en ville diffère évidemme
ajouter des embouts de différentes grosseurs susceptibles de s’adapter
îr l’extrémité des soudes ordinaires, des installateurs ou des sondes urété-
des. Ces pièces accessoires delà seringue sont contenus, ainsi qu’une spatule
crar prendre la paraffine et une petite tige destinée aunettoyage delà- lanterne
es cystoscopes, dans une petite boîte spéciale dont le couvercle perforé permet
ax vapeurs antiseptiques d’arriver jusqu’à elles.
Le cystoscope qu’il emploie est le cystoscope d’Albarran, on peut en placer
n ou deux à volonté, ainsi qu’une pièce imgatrice de rechange. Ces instru-
îents sont supportés sur chevalet et fixés de façon à empêcher les chocs ou
MATÉRIEL
MATÉRIEL UROLOGIQUE
Il -s
indiquées;
élevés, de manière à permettre à l’opérateur, tout en s’asseyant sur une
chaise ordinaire, d’avoir son œil à peu près à lahauteur de l’urètre du malade.
Des supports de pieds horizontaux servent à âzer les jambes, le dossier est
Une arrivée d’eau permet de taire agir une trompe en cas d’urétroscopie
ou de eystoscopie à vision directe.
La lumière et la caustique sont tournis à chaque lit par un transformateur
universel de Gaiffe pour courant alternatif.
Salle d? électricité.
Cette salle de traitements électriques, dirigée depuis la fondation du service
le Dr Courtade contient une table de traitement semblable à celle de la
ï de la Terrasse, et les instruments nécessaires pour toutes les variétés
alitements électriques : courant continu, faradique, haute tension, élec-
trolyse, ionisation, etc.
La bibliothèque et le musée, malgré leur grande richesse et leur intérêt,
H en est de même de l’amphithéâtre destii
amphithéâtre, construit par M.Belouet, siu
fesseurs Guyon et Le Dentu, représente un
d’un amphithéâtre de chirurgie générale, je
L'AUTO-CATHÉTÉRISME
spécialement approprié
BIBLIOGRAPHIE
2° D’une lampe F dépourvue de mèche, composée tout simplement d’une
capsule, dont la capacité a été calculée pour recevoir la quantité d’alcool
nécessaire- pour porter à l’ébullition, en quelques minutes, le litre d’eau du
récipient E qui servira à l’injection et s’écoulera par le tube Ts ;
3» D’une tige mobile gradué ABC, permettant d’élever à volonté l’appareil
à des hauteurs variables, qui se démontera en trois parties, le trépied se rabat¬
tant en une tige unique ;
4° D’une boîte disposée pour recevoir les différentes parties démontées
et divers accessoires (éprouvettes graduées, flacons pour solutions médicamen¬
teuses, pour les canules, pour le coton.
Cette boîte, sous forme de petite malle fermant à dé, sera à la fois légère
et occupera très peu de place, 0m,55 sur 0m,20.
En résumé cet appareil pourra être utilement employé pour les lavages de
l’urètre en voyage, à la campagne, dans la plus petite chambre d’hôtel ou
BIBLIOGRAPHIE
CHAPITRE
ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX ET LOCAUX
Par le D' Paul ERTZBISCHOFF
Si l’anesthésie est aussi ancienne que la médecine et remonte aux premiers
débuts de l’art de guérir, cen’estcependantqu’àladéeouvertedu protoxyde
d’azote (Wells, 1844), de l’éther (Hobton 1846) et du chloroforme (1847)
que l’anesthésie, et avec elle la chirurgie, se sont développées d’une façon
^ PomtanU’utüité et l’efficacité de l’anesthésie pour les interventions qui
se font dans l’urèthre et la vessie ont été bien longtemps contestées et le
chloroforme était depuis des années employé en chirurgie générale avant
d’être accepté par les spécialistes.
On distingue I’anesthésie génébale et P anesthésie locale suivant que
l’insensibilité doit s’étendre au corps tout entier ou se limiter à une partie
du corps. Tandis que dans l’anesthésie générale l’insensibilité est provoquée
par des inhalations de liquides très volatiles, elle est déterminée dans l’anes¬
thésie locale par des injections locales ou par des irritations thermiques.
Les injections sous-arachnoïdiennes, qui introduisent au contact de la
moelle l’anesthésique, provoquent Panesthésie génébalisée; enfin par
les injections épidurales on détermine plutôt 1’ anesthésie bégionale.
ÏTous ne ferons pas une revue générale de tous les anesthésiques connus,
mais nous nous bornerons à étudier ceux actuellement employés en Rance,
leurs avantages et leurs inconvénients et plus particulièrement leur, action
sur l’appareil urinaire.
îtfous n’envisagerons que les plus généralement employés : chloroforme,
éther, chlorure d’éthyle et nous mentionnerons brièvement les autres ainsi
que les mélanges qui sont parfois utilisés. .
loi chirurgical des anesthésies a pour oc
lé : il atteint son but lorsque l’on a
rerla douleur. Mais la véritable anesthésie
fait disparaître la faculté
chirurgicale comporte aussi
l’anéantissement de la mobilité.
Diverses théories ont été émises
expliquer l’action sur l’organisme
ANESTHÉSIQUES GÉNÊRAtjX 1041
après l’anesthésie, tantôt dès le réveil, tantôt an bont de 24 heures seu¬
lement.
L’ictère que l’on rencontre après la narcose chloroformique est en général
bénin et disparaît assez vite. Habituellement il se produit chez des sujets
prédisposés, tantôt congénitalement, tantôt par syphilis, alcool ou satur¬
nisme. De Bovis et Chiableoni le rapportent à une action directe de
l’anesthésique sur la cellule hépatique. QrrÉsxr et Ktrss distinguent des
ictères par action sur la cellule hépatique, des ictères par action' hémolytique
du chloroforme sur le sang, des ictères à pathogénie mixte hépatico-héma-
togène. Chevrier, Bené Bénard et Torbel ont signalé la cholémie après
toutes les anesthésies chloroformiques. ■
Quand l’intoxication chloroformique atteint à un plus haut degré la cellule
hépatique elle détermine l’ictère grave, complication très rare, qui d’après
PoA ne surviendrait que chez les sujets dont la cellule hépatique était anté¬
rieurement lésée.
Troubles urinaires. — Hegar et Kaltenbach ont été les premiers,
semble-t-il, à mentionner dès 1870 cette singulière action du chloroforme de
provoquer chez les malades ayant subi une narcose prolongée, qu’il y ait
eu ou non acte opératoire, de l’albumine et des cylindres. Mais leurs
recherches restèrent à peu près inconnues. Ce n’est qu’en 1884-85 que Ter¬
rier et Patein attirèrent sérieusement l’attention des chirurgiens sur
l’albuminurie post-chloroformique. Lutze, peu de temps après, nie l’action
nocive du chloroforme sur le rein et dit qu’il ne provoque qu’une albumi¬
nurie légère, .jamais de néphrite. Luther en 1893 arrive aux mêmes conclu¬
sions que Terrier : pour luile chloroforme est avant tout un poison durêin.
Eindshope, presque en même temps que lui, trouve, chez un tiers des malades
qu’il observe, une albuminurie légère avecousans sédiments pathologiques,
et met en garde contre les chloroformisations successives, l’action nocive du
chloroforme se surajoutant. On retrouve les mêmes résultats chez Sirohi
et Aiessandbi. Au contraire pour Kouwer, la proportion d’albumi¬
nuries postichloroformiques ne serait que de 5,37 p. 100. Ajello for¬
mule des conclusions analogues à ceux des auteurs qui l’avaient précédé.
Dès lors, de divers côtés on compare les effets du chloroforme et de l’éther.
Bisendrath trouve la chloroformisation plus nocive que l’éthérisation, de
même que Bitschl. Pour Pnnw, éther et chloroforme auraient la même
action nocive. Celle de l’éther serait plus grande au contraire pourBABACCi
et Bebi. Ledoux, dans sa thèse inaugurale, étudie la question de l’albu¬
minurie et de la cylindrurie post-chloroformique. DatimiEr, qui envisage
l’action du chloroforme sur le rein, admet que l’albuminurie postehl orofor¬
mique survenant chez un individu à rein sain en apparence serait due à la
débilité rénale. Mme de Stankiewicz montre que l’action du chloroforme,
habituellement légère et transitoire, pourra, quand ils’agira d’un rein préala¬
blement lésé, présenter d’autres caractères.
Examinons de plus près les variations qualitatives de la sécrétion urinaire
qui surviennent à la suite de la narcose chloroformique.
Albuminurie. — L’existence de cétte albuminurie ne peut être mise en
ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX
à goutte et en commençant la narcose d’une façon graduelle, alors que par
les - procédés- indiqués plus haut il s’agit plutôt d’une narcose par suffocation.
En général le chloréthyle a été employé en chirurgie urinaire pour les inter-
ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX 1049
alcooliques. Enfin on a cité quelques rares cas de mort dns à cet anesthésique
(Lotheissen, Cardxe).
Troubles respiratoires. — L’anesthésie provoque une irritation tout
à lait minime qui disparaît complètement au bout de 6 à 10 heures au plus
et n’est pas capable de produire de complications. Le ehloréthyle ne semble
pas d’autre part avoir d’iniluenee sur le centre respiratoire.
Troubles de l’appaeeil cibculatoibe. — Le kelène n’a
indiquée pour les interventions assez courtes, chez les cardiaques
graves. îTous l’employons couramment dans les cas de cowpe:
urineux, d’infiltrations d’urine, d’abcès de la prostate et nous en sommes tou¬
jours très bien trouvé. La pression sanguine se maintient bonne, le pouls
varie peu comme intensité et on peut employer l’anesthésique plusieurs fois
«Il
■Sfîl
'lllllll'llf
libilitéestpatlio-
iiîü
lement deuz morts, qui ue peuvent à la vérité être absolument impu
seul mode d’anesthésie, puisque, dans le premier cas il s’agissait d’une
de 65 ans, ayant un cancer de la matrice, de la néphrite chronique
l’asystolie, dans l’autre, le malade mourut 3 mois après l’intervention de
Avantages de Ta rachi-anesthésie. — Elle supprime un aide, elle évite les
inconvénients post-opératoires de la narcose par inhalation ; les malades
fi
sphincter
qui en résulte et
fil
ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX
TABLE DES MATIÈRES
TOME PREMIEB
GÉNÉRALITÉS
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE PREMIER
TABLE DES MATIÈRES
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER